‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 238 sur 339 · AYRE · texte numérisé non relu

AYRE

Ces expressions indiquent suffisamment que l’usage des premiers chrétiens, et surtout des ministres de l’autel qui présidaient à la prière publique, était d’avoir la tête rasée, ou du moins de porter des cheveux courts ». Saint Germain de Constantinopte rapporte, à ce sujet, une tradition dont il n’indique pas la source, mais qui a son importance. « La couronne ou tonsure du prêtre», dit-il, « outre sa signification de renoncement aux frivolités du monde, rappelle un fait de l’histoire évangélique. Quand saint Pierre fut envoyé par le Sauveur, pour annoncer l’avénement du Messie aux bourgades de la Palestine, les Juifs, incrédules à sa prédication, se saisirent de sa personne, et par dérision lui coupèrent les cheveux en rond sur le haut de la tête. Au retour de cette première mission, le Christ bénit son apôtre, et cette bénédiction changea en une couronne de gloire, plus précieuse que l'or et les perles, la couronne d’ignominie infligée à saint Pierre ». Quelle que soit la valeur de ce récit, il est certain que, dès le premier siècle, les clercs portaient les cheveux courts. La mention expresse de cette coutume se trouve dans le livre de la hiérarchie ecclésiastique, par saint Denys l’aréopagite.

Le pape Anicet fit cinq fois les ordres au mois de décembre et ordonna 47 prêtres, 4 diacres et 9 évêques pour divers endroits. Le bréviaire romain nous apprend, de plus, qu’il reçut la palme du martyre pour la foi chrétienne, un mois après la mort d’Antonin le Pieux. Aux regrets unanimes qu’excita la mort de cet empereur, vinrent s'ajouter les cris de haine et de vengeance de la multitude contre les disciples de Jésus-Christ, — ces impies, ces athées, comme on les appelait, — dont la vie sacrilége provoquait le courroux des dieux. Saint Anicet fut sacrifié à la fureur populaire. Son corps fut enseveli au Vatican et transféré plus tard dans la crypte pontificale de saint Calliste. Il fut exhumé l'an 1604, par la permission du pape Clément VIII, et donné à Jean Ange, duc d’Altemps !, qui le mit dans une chapelle de son palais bâtie exprès et richement décorée. Son chef fut donné au duc de Bavière. Il y a une de ses reliques à Saint-Vulfran d’Abbeville.

On place près de saint Anicet une roue qui fut, dit-on, l'instrument de son supplice.

Cf. outre la thèse que nous donnons dans cet ouvrage sur la question de l'apostolicité, les vies de tous les Saints de France du 1er et du 11e siècle ; sur la tonsure, cf. Denys l’Aréopagite, de Hierarchia, p. 2, ©. 3 ; et pour la lettre de saint Anicet, Patrol. greczue, t. v, col. 1129.

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