SAINT GÉBUIN, VULGAIREMENT APPELÉ SAINT JUBIN. A
HN y avait aussi, à Anvers, des reliques de sainte Aye, dans une chapelle qui lui était dédiée, et où venaient souvent prier ceux surtout qui étaient poursuivis dans d'injustes procès. On l’invoquait pareillement à Bruxelles dans les mêmes occasions. Des traits frappants ont signalé plusieurs fois la puissance de sa protection, et les auteurs en citent quelques-uns plus remarquables arrivés dans le courant de l’année 1673.
Voici quelle est l’origine de cette dévotion des plaideurs envers sainte Aye. On dit que, après sa mort, il s'éleva des contestations au sujet des biens qu’elle avait donnés à l'église de Mons, en Hainaut, biens réclamés par ses parents.
Il y avait longtemps que ces différends duraient et on n’en prévoyait pas la fin, lorsqu'un jour, pouvant se faire entendre des deux parties, Aye déclara, du fond de son tombeau, qu’elle avait légalement donné à l’église de Sainte-Vaudru les biens en question, et que, dans ce moment, elle confirmait et sanctionnait cette donation. Dès lors toute dispute cessa.
On donne généralement à sainte Aye le titre de vierge, et c'est sous ce nom qu’elle était invoquée dans l’oraison du propre de Mons. Jacques Coret, dans la vie de la Sainte, cite huit écrivains, entre autres l’auteur des Annales de Lobbes, Molanus, Arnould, Wion, Le Mire, qui avancent qu’elle vécut avec son époux dans la chasteté parfaite, à l'exemple de quelques autres Saints, et pour se conformer aux désirs pieux que le ciel leur avait inspirés mutuellement.
Vies des Saints de Cambrai et d'Arras, par M. l'abbé Destombes.