RELIQUES DE SAINT EUSTASE
Les continuateurs de Bollandus marquent que son corps était encore, au xviie siècle, en l'abbaye des Bénédictins de Vergaville, au diocèse de Metz, en Lorraine, où il faisait de grands miracles, tant pour la délivrance des possédés que pour la guérison de ceux qui étaient tombés en démence ; et qu'il y était honoré par un grand concours de pèlerins.
M. De Blaye, curé d'Imling, nous écrivait, le 2 décembre 1862, au sujet des reliques de saint Eustase :
L'abbaye de Vergaville a été totalement détruite ; je crois qu’il n’en reste plus que le sol avec le mur d'enceinte. ;
Les reliques de saint Eustase furent emportées en 1192 par les religieux quittant leur monastère ; elles ne furent point conservées sans danger ; car madame de la Marche, la dernière abbesse, fut obligée de les confier pendant plusieurs années à M. Labrosse, curé de Suriauville ; elles furent reconnues et approuvées le 25 juin 4804, par Mgr Antoine-Eustache Osmond, évêque de Nancy, sur le témoignage des anciennes religieuses, de M. Labrosse et de M. Vuillemin, directeur des religieuses avant la Révolution, et qui les avait retirées des châsses et reliquaires ; elles sont parfaitement certaines et authentiques et sont présentement vénérées dans deux châsses en bois doré, au prieuré de Klavigny-sur-Moselle (Meurthe), où les Bénédictines de Flavigny sont définitivement fixées depuis 1824.
Ces reliques consistent dans le chef et plusieurs grands ossements, parmi lesquels se trouvent un tibia et un péroné droits, d’un développement moindre et d’une moins bonne conservation ; ils appartiennent à un autre Saint et ne sont point spécifés.
En 1670, des ossements de saint Eustase et de saint Valbert furent échangés entre Vergaville et Luxeuil ; il ne serait pas impossible que le tibia et le péroné incomplet susdits, soient de saint Valbert.
À Vergaville, il ne reste plus rien de saint Eustase : dans l’église paroissiale, on conserve quelques reliques parmi lesquelles un certain nombre d’ossements non spécifiés. Mais le nom de saint Sigéric (Sigéricus), fondateur de l’abbaye, trouvé sur de vieilles inscriptions parmi ces ossements, donnent à penser qu'ils lui appartiennent et peut-être aussi à la B. Betta, son épouse. Leurs corps, qui reposaient à Vergaville encore pendant le xviie siècle, ainsi qu'il est constaté par les inventaires des reliques, paraissent n'avoir point été enlevés avec ceux de saint Eustase. Ces dernières reliques, qui semblent être tout ce qui reste des fondateurs de cette grande et antique abbaye, ont été mal conservées. Je ne sais si une révision sérieuse, mais qui serait un peu difficile, pourrait rendre à ces dernières reliques un peu de la certitude qu’elles ont perdue, comme déterminer à quel Saint appartiennent les tibia et péroné droits qui ne sont point à saint Eustase.
1. Les lettres chrétiennes comptent saint Eustase parmi leurs bienfaiteurs, bien qu'aucun de ses écrits ne soit parvenu jusqu'à nous. Dans sa jeunesse il avait été chargé, par saint Colomban, de la direction de l’école du monastère de Luxeuil. Cette école devint, sous sa direction, une des plus illustres qui fussent alors en France. Son historien nous a conservé la substance du discours qu'il prononça au concile de Mâcon : on y remarque de grandes beautés de style, des traits d'éloquence et des raisonne= ments pleins de justesse. — france littéraire.