SAINT MAXIMIEN, PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE
d'Irlande, le Dialogue sur la Passion, le Traité de la mesure de la Croix, le Frailé de la stabihté, etc.
On remarque dans les écrits de saint Anselme une connaissance profonde de la philosophie, de la métaphysique et de la théologie. La précision et la clarté s'y trouvent réunies à l'élévation des pensées et à la solidité des raisonnements. Quoique saint Anselme eût beaucoup lu les Pères, et surtout saint Auguslin, il fait rarement usage de leur autorité. Il établit presque toujours les vérités révélées par les preuves que fournit la raison, ce qui l’a fait regarder comme le père de la théologie scolastique. Son but en cela était de montrer qu’on peut par des raisonnements fondés sur les lumières naturelles, rendre croyables les vérités que Dieu a révélées. Quant à ses ouvrages ascétiques, ils sont instructifs, édifiants, pleins d’onction et d’une certaine tendresse d'amour pour Dieu, qui échauffe les cœurs les plus insensibles. Un style simple, naturel, clair et concis fait le principal mérite de ses lettres. On juge, par les vers qui nous restent de lui, qu’il n'avait pas le génie poétique dans le plus haut degré.
Les œuvres de saint Anselme ont été imprimées plusieurs fois. Une bonne édition est celle que P. Gerberon, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, donna à Paris en 1615, in-fol. Elle reparut dans la même ville en 1721, chez Montalant. C’est cette dernière qu’a reproduit M. Migne dans les t. czviir et czix de la Patrologie. D. Joseph Saenz, plus connu sous le nom de cardinal d’Aguire, a donné a théologie de saint Anselme, c’est-à-dire un commentaire sur les ouvrages dogmatiques de ce Père, qui fut imprimé à Salamanque en 1679, 1681, 1685, 8 vol. in-fol. Il fut réimprimé à Rome en 1680, 1689 et 1690, avec des additions et des corrections. Cf. D. Ceiïllier, t. XIV, 4e éd.
Comme le P. Gerberon, et après lui M. Migne, a donné dans son édition des œuvres de saint Anselme les ouvrages du moine Eadmer, nous en dirons ici quelque chose. Eadmer était Anglais de naissance. Il fut d’abord moine du Bec, puis de Cantorbéry. Il devint l'ami et le confident de saint Anselme, qu'il accompagna dans son exil. On lui offrit l’évêché de Saint- André, en Ecosse. Les uns disent qu’il le refusa, les autres prétendent qu’il J'accepta. S'il est vrai qu'il ait été évèque, il faut qu’il ait abdiqué l'épiscopat, car il mourut prieur de Cantorbéry en 1437. Il ne faut pas le confondre avec Eadmer ou Ealmer, prieur de Saint-Alban, mort en 980, auquel on attribue des lettres, des homélies, et cinq livres d’exercices spirituels. (Voir Fabricius, Brblioth. latin., t. 11, p. 214.) Celui dont nous parlons a composé : 40 Vie de saint Anselme, divisée en deux livres. On la trouve dans les éditions des œuvres de saint Anselme, ainsi que dans Surius et Bollandus ; 20 Histoire des nouveautés, c'est-à-dire de ce qui s’est passé de plus considérable dans l'Eglise britannique, depuis l’an 1066 jusqu’à l’an 1122; elle est divisée en six livres. Gerberon a publié cette histoire avec les notes de Jean Selden, qui en porte le jugement suivant : « In sermone (Eadmeri) nitor ejusmodi reperitur, ut si veteres rerum nostratium scriptores ad unum omnes diligentius evolveris, hujus fuerit incomparabilis. Stylum æquabilem satis, gravem, et historico, ut ætas tulit, dignum pro se fert, vocabula etiam fere ubique plura. Cæteri quos terimus coætaneos, sive priores sive recentiores, barbarie, squalore et sordium congerie præ Eadmero plerumque deturpantur. Etiam Malbesburiensem hic noster stylo saltem æquat, in cæteris autem longo plane intervallo superat ». 30 Livre de l'excellence de la Sante Vierge ; 4° Traité des quatre vertus (la justice, la prudence, la force, la tempérance) qui ont été dans Marie ; 5° Traité de la béatitude, composé d’après ce qu'Éadmer avait entendu dire à saint Anselme sur l’état des bienheureux dans le ciel; 6° Traité des similitudes. Le fond en est aussi de saint Anselme. Il fut rédigé par un de ses disciples qu'on croit être Eadmer ; 70 Vies de plusieurs saints d’Angleterre. I] y a encore d’autres ouvrages d’Eadmer qui n’ont point été imprimés. (Voir Wharton, Præf. in. 1. 11, Angl. sacr.) Les écrits d'Eadmer sont estimés pour l’ordre et l'exactitude ; le style en est facile et naturel.
Nous avons composé ce court récit avec l'Histoire de la vie et du siècle de saint Anselme, par le chanine J. Croset-Mouchet, professeur de théologie à Pignerol. (1 vol. in-80, 1859, chez Casterman.)