‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 301 sur 339 · Empereur : Marc-Aurèle · texte numérisé non relu

Empereur : Marc-Aurèle

Saint Soter naquit à Fondi, ville de lItalie méridionale (Terre de Labour). Il était fils de Concorde et succéda au pape saint Anicet. Saint Denis, évêque de Corinthe, lui donne de grands éloges dans une lettre qu’il écri-

vier 856? mais dans une autre, du 29 mars 877, elle est appelée Monasterium S. Petri et S. Frodoberti;

« 4° La belle église vue par Mabillon n'est par celle qui fut bâtie par saint Bobin ; elle fut commencée en 1403, par Oger, le seul abbé de Montier-la-Celle, et ne fut terminée qu’en 1527, par l'abbé Antoine Gérard ».

Ajoutons que saint Bobin était Aquitain d'origine, eb que de saint Mélain on ne sait rien, sinon qu'il mourut vers l'an 400. On le désigne comme le cinquième ou le sixième évêque connu de Troyes.

1. Saint Wolfhelm était aussi illustre par sa naissance que par son érudition. il composa plusieurs ouvrages, entre autres un petit traité pour réfuter Bérenger. Cet écrit se trouve dans sa Vie, reproduite par les Bollandistes au 22 avril.

2, Voici un Saint dont le culte est très-célèbre en Italie. Lodi, Trévise, Carrare l'ont choisi pour leur patron : cette dernière ville l’a gravé autrefois sur ses monnaies, en lui mettant un drapeau à la main, ‘un casque en tête, une cotte de mailles sur la poitrine. Il était donc soldat; c'est ce que tout le monde ls’accorde à dire : mais on ne peut décider s'il à vécu sous Constantin où sous Charlemagne, et quelles furent les circonstances de son martyre.

vait aux Romains, et remarque qu'il était très-bon et si charitable, qu'il n’épargnait pas les richesses pour subvenir aux besoins des serviteurs de Dieu, et pour recevoir ceux qui avaient recours au Saint-Siége, En effet, il les embrassait avec la même tendresse qu’un père embrasse ses enfants, et les instruisait par ses bons discours et ses saintes exhortations. On lui attribue deux épîtres décrétales : l’une aux évêques de l'Italie méridionale, dans laquelle il traite de la foi en Jésus-Christ, et l’autre à tous les prélats d'Italie, par laquelle il défend aux religieuses et aux vierges consacrées à Dieu de toucher les corporaux et les linges sacrés, et d’offrir elles-mêmes de l’encens aux autels. Il fit ces ordonnances, dit Baronius, parce qu’en ce temps-là l’hérésie des Montanistes faisait grand bruit, et que, parmi eux, les femmes mêmes se permettaient d’administrer les saints Mystères. C'est pourquoi, maintenant que cet abus a cessé, les prélats permettent aux religieuses et à quelques pieuses filles de manier ces linges sacrés, afin de les blanchir, après néanmoins qu'ils ont été lavés par un sous-diacre.

Il ordonna, de plus, que tous les fidèles communieraient le jeudi saint, excepté ceux qui seraient exclus de la table sainte pour quelque crime notable, et déclara que les serments faits contre la justice ne devaient pas être gardés. Enfin, après avoir tenu neuf ans Le Siége apostolique, et fait les ordinations au mois de décembre, où il créa dix-sept ou dix-huit prêtres, huit ou neuf diacres et onze évêques, il fut enveloppé dans la cruelle persécution qui s’éleva sous l’empereur Marc-Aurèle, et couronné du martyre le 22 avril, l’an de Notre-Seigneur 470. On l’enterra sur la voie Appienne, au cimetière de Caliste.

De cette catacombe, le corps de saint Soter fut transféré, par Sergius IT, en 845, dans l’église des Saints-Sylvestre-et-Martin, et plus tard dans l’église de Saint-£Sixte, appartenant aux Dominicains. Quelques fragments de ses reliques sont déposés dans l’église de Saint-Marc, à Florence, et dans la Cathédrale de Tolède, en Espagne.

À ce règne appartient le miracle opéré en faveur d’une légion romaine. Ecoutons avec respect Bossuet :

« Quelquefois la persécution se ralentissait. Dans une extrême disette d’eau que Marc-Aurèle souffrit en Germanie, une légion chrétienne obtint une pluie capable d’étancher la soif de son armée, et accompagnée de coups de foudre qui épouvantèrent ses ennemis. Le nom de Foudroyante fut donné ou confirmé à la légion pour ce miracle. L'empereur en fut touché, et écrivit au sénat en faveur des chrétiens. A la fin, ses devins lui persuadèrent d'attribuer à ses dieux et à ses prières un miracle que les païens ne s’avisaient pas seulement de souhaiter ».

On voit encore à Rome un témoignage de ce miracle sur les bas-reliefs de la colonne Antonine. Les Romains y sont représentés, les armes à la main, contre les Barbares, que l’on voit étendus par terre avec leurs chevaux. Il tombe sur eux une pluie mêlée d’éclairs et de coups de foudre qui semblent les terrasser. À cette occasion, Marc-Aurèle écrivit en effet au sénat des lettres où il déclarait que son armée, près de périr, avait été sauvée par les prières des soldats chrétiens.

li y a une de ses reliques au Carmel d'Amiens.

On trouvera les deux Zypitres décrétales de saint Soter dans la Patrologie grecque, t. v, col. 1133-38,

et les quatre Conslifutions qui nous restent de lui dans le Corpus Juris Canonici, Ces documents sont £ ératement considérés aujourd'hui comme authentiques.

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