S. FIRMIN, $. AULE, $S. EUMACHIUS ET $. LONGIN, ÉVÊQUES DE VIVIERS
vie et vire siècles.
En 585, ie roi Gontran, pensant, comme son aïeul Clovis, qu'il était déshonorant pour la gloire des Francs que les barbares Visigoths souillassent encore de leur présence le sol de la Gaule, mit sur pied une puissante armée pour faire la conquête de la Septimanie. Les troupes levées en partie dans les pays situés au nord de la Seine, se joignant aux guerriers de la Burgondie, prirent leur marche par la vallée du Rhône, dévastant tout par le fer et l'incendie, enlevant les troupeaux, brûlant les moissons, spoliant les églises et les monastères, massacrant, au pied des autels renversés, les prêtres et les réligieux, l'homme d'église et l'homme du peuple : et ne rencontrant nulle part de résistance, elles poursuivirent cet affreux brigandage sur les deux rives du fleuve, jusque sous les murailles de Nîmes, dans un pays, remarque l'historien, qui était le leur et qui relevait de la même autorité !. — Le saint roi déplora ces excès, comme nous le remarquons en sa vie ; mais il ne fut pas en son pouvoir de les empêcher. Dieu lui-même se chargea du châtiment, en refusant la victoire aux armes de ses coupables généraux.
Le passage de l’armée indisciplinée des Francs laissa le pays en proie à la famine qui désolait déjà les provinces environnantes. Les souffrances de la faim et les privations de la misère provoquèrent de nombreuses maladies et une grande mortalité, bientôt suivies d’un autre fléau plus terrible encore. La peste, qui depuis près de dix ans promenait ses ravages dans les diverses contrées de la Gaule, éclata en 590 et sévit dans tout Le Vivarais avec une violence inouïe. La population de Viviers fut cruellement décimée, et cette cité partagea avec Avignon le triste honneur d’être placée par Grégoire de Tours en première ligne sur la liste des villes dépeuplées cette année par le fléau.
Mais pendant que les calamités succédaient ainsi aux calamités presque sans interruption *, la Providence semblait vouloir elle-même adoucir les maux qui affligeaient l’église de Viviers; elle lui suscita une série de