‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 312 sur 339 · LE BIENHEUREUX ALDEBERT ET SAINTE REINE · texte numérisé non relu

LE BIENHEUREUX ALDEBERT ET SAINTE REINE

Nous réunissons dans un commun éloge ces deux époux, que leur vertu personnelle a rendue si vénérables, et qui eurent l’insigne bonheur de donner le jour à de nombreux enfants, tous également distingués par leur sainteté.

Sainte Reine était parente du roi Pépin, et ce fut par ses conseils et ceux de ses proches qu’elle épousa Aldebert, comte d'Ostrevent et gouverneur de la partie de ce pays située entre l’Escaut et la Scarpe. C'était un des plus illustres seigneurs du palais, homme juste et religieux, aussi agréable à Dieu par ses vertus qu’il l'était aux hommes par ses brillantes qualités. Comme son épouse, il descendait d’une noble et puissante famille, dans laquelle il avait puisé l'amour et le respect de la religion.

Le ciel bénit leur alliance. Ces époux, unis entre eux par les liens d’une affection vraiment chrétienne, s’appliquèrent l’un et l’autre à servir Dieu avec fidélité et à pratiquer toutes sortes de bonnes œuvres. Leur haute position ne leur inspira jamais d'orgueil, et les richesses qu’ils possédaient ne leur servirent qu’à secourir les pauvres et à fonder de pieux établissements. « Jamais l'indigent ne s’éloignait de leur demeure sans avoir ressenti les effets de leur libéralité : celui qui était nu recevait des vêtements pour se couvrir; celui qui était pressé par la faim ou la soif, de la nourriture et du soulagement, tous ceux enfin qui étaient malheureux trouvaient en eux des amis et des bienfaiteurs ».

Il plut à Dieu de récompenser, même en ce monde, la conduite si vertueuse et si sainte de ces deux époux. « Il leur donna dix filles, qui formaient autour d'eux comme une couronne de sainteté ». Toutes marchèrent sur leurs traces, et quand elles furent arrivées à l’âge de prendre une détermination, elles résolurent de consacrer à Jésus-Christ leur virginité. Ce fut pour donner à leurs enfants le moyen d'accomplir ce pieux dessein que le bienheureux Aldebert et sainte Reine, son épouse, firent bâtir dans leurs terres, près des rives de l’Escaut, l’abbaye de Denain, sous l’invocation de la Très-Sainte Vierge. Avant de mourir ils eurent la consolation de voir fleurir cette maison de prière et de religion, où s'étaient réunies avec empressement, autour de leurs enfants, de pieuses jeunes filles de la contrée.

Quelques hagiographes semblent croire que sainte Reine dirigea elle-même cette communauté

Page 1