REP NE A
nous, un évêque nommé Gérard-occupait le siége épiscopal de Toul, d’où nous avons été tiré pour être promu au souverain pontificat, non pas assurément pour nos mérites, mais par la volonté du Tout-Puissant, qui dispose de toutes choses à son gré. Cet évêque avait reçu du Père céleste deux talents : la connaissance du bien et la pratique de ce même bien, à l’aide desquels il put comprendre intimement la loi divine et l’accomplir en tous points. Il sut faire fructifier les talents que Dieu lui avait donnés ; il convertit les âmes en leur annonçant les paroles du salut, et en pratiquant luimême ce qu'il enseignait, de manière qu’il offrait au Seigneur un double gain, et méritait les éternelles récompenses. Il ceignit ses reins d’une chasteté angélique, et porta dans ses mains des lampes ardentes, par les exemples de vertu qu’il s’appliqua sans cesse à donner aux autres. Il désirait si vivement s'unir à son Dieu, qu'il répétait tous les jours que son âme soupirait après lui comme le cerf altéré soupire après l’eau des fontaines. Et comme sa vie était l’innocence même, qu’il admettait les pauvres à sa table, qu’il pratiquait toutes les vertus évangéliques, et qu’il ne faisait rien, soit en prêchant, soit en enseignant, qui ne fût saint et agréable à Dieu, il obtint de lui de faire des miracles, dont plusieurs témoins sont encore vivants. Nous avons demandé au Synode s’il devait être mis au nombre des Saints. Les archevêques, les évêques, les abbés, les clercs et les laïques ont répondu tous unanimement que Gérard était un homme saint, et qu’il devait être vénéré comme saint. En conséquence, nous avons ordonné, avec le consentement des Pères du Concile, que, dès maintenant, il soit tenu Saint et honoré
-comme tel à Toul, le 9 des calendes de mai, comme le sont saint Mansuy et
saint Epvre et tous les autres Saints par tout l’univers. Nous désirons aller nous-même faire la translation de son corps vénérable, et le placer sous un autel particulier, pour la plus grande gloire de Jésus-Christ, qui s’est fait homme pour nous ».
Saint Léon vint en effet à Toul, en 1051, pour faire la translation du corps de saint Gérard, accompagné d’Halinard, archevêque de Lyon ; de Hugues, archevêque de Besançon; de George, archevêque de Colozza ; de plusieurs évêques et d’un grand nombre de personnes de distinction. Le peuple y était venu de la province en si grand nombre, que le saint Pontife dut retarder la cérémonie et ordonner qu’elle se fît de nuit, pour éviter les désordres qui accompagnent ordinairement les grandes foules. Le corps de notre Saint fut trouvé sain et entier ; il en fut de même de ses vêtements, à l'exception de quelques parties réduites en poudre. Son visage était plus vermeil et plus blanc que pendant sa vie. Cette translation eut lieu le 22 octobre.