S. Greg. 1. 1. 1, ep
dations des corsaires l’obligèrent souvent de changer de demeure. On le vit transporter son séminaire et son clergé de Tallone, situé sur la côte orientale de l’île, à Algajola qui était sur la côte occidentale, et de cette ville à Corte, dans le centre de l’île, puis à Cervione. Ce fut dans cette dernière ville qu’il bâtit sa cathédrale et qu’il fonda un chapitre de chanoïnes. Il avait un rare talent pour réunir les esprits et les cœurs divisés; aussi lui donna-t-on dans toute la Corse le surnom d’Ange de paix.
Le bienheureux Alexandre Sauli adressa de sages Avertissements à son clergé. Il s’y proposait d’instruire les ministres tant sur la conduite qu'ils devaient tenir que sur la manière dont ils devaient diriger les âmes confiées à leurs soins; il composa aussi des Æntretiens, dans lesquels il expliqua la doctrine de l'Eglise avec beaucoup de précision et de netteté. Saint François de Sales estimait singulièrement cet ouvrage, et disait que la matière y était épuisée f.
Le saint Prélat allait de temps en temps à Rome, ainsi que les autres évêques d'Italie ; mais il y allait comme au centre de l’apostolat, et avec tant de dévotion qu’il éprouvait en lui-même ce que dit saint Chrysostome, que l’esprit apostolique y vit toujours, et que des tombeaux des Apôtres, et de leurs cendres tout inanimées qu’elles sont, sortent encore des étincelles du feu sacré dont ils embrasèrent la terre. Tous ses; voyages furent comme autant de missions, par les grands fruits que produisirent partout ses prédications, ses conseils et ses exemples. C’est de quoi les villes de Gênes, de Milan et de Rome ont plusieurs fois fourni des témoignages qui furent confirmés par quatre souverains. Grégoire XIII, l’un d’eux, fut extrêmement frappé lorsqu'il l’entendit prècher. Saint Philippe de Néri l’honorait aussi beaucoup à cause de ses talents et de son éminente sainteté. Les ennemis de la religion eux-mêmes ne pouvaient résister à la force et à l’onction de ses discours. Ayant eu une conférence avec un calviniste de Genève qui était venu dogmatiser en Corse, il lui fit ouvrir les yeux à la vérité et le ramena dans le sein de l'Eglise. À Rome, un seul de ses sermons enleva à la synagogue des Juifs quatre de ses plus fermes soutiens. é
La vénération où était le saint Apôtre de la Corse porta les villes de Tortone et de Gênes à le demander pour pasteur; mais il ne voulut point quitter sa première épouse, à laquelle il était tendrement attaché. Ce ne fut que par obéissance aux ordres du pape Grégoire XIV, qu'il accepta l’évêché de Pavie en 1591. Il ne fut pas plus tôt arrivé dans son nouveau diocèse qu’il entreprit d’en faire la visite. Toutes les fêtes solennelles, il revenait à Pavie. Etant à Calozzo, dans le comté d’Asti, il fut attaqué de la maladie qui l’enleva de ce monde. Il mourut le 41 octobre 1592. Sa sainteté fut attestée par plusieurs miracles. Il fut béatifié le 23 avril 1741 par Benoît XIV.
On le représente : 1° Soutenant une grande‘croix. Ceci rappelle qu’étant encore novice, il sortit dans les rues de Milan portant une lourde croix, au