‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 35 sur 339 · SAINT BERTOLD, PREMIER PRIEUR GÉNÉRAL DU CARMEL · texte numérisé non relu

SAINT BERTOLD, PREMIER PRIEUR GÉNÉRAL DU CARMEL

Bertold se donna à Dieu dès l’enfance. Cédant à la noble ardeur qui l’entrainait vers l'étude des sciences sacrées, il quitta le Limousin, sa patrie, pour aller suivre les cours à Paris où le laurier des docteurs couronna ses travaux.

C'était l’époque où l'Europe entière s'était précipitée en Asie à la conquête des saints lieux : Bertold se croisa, et fit vœu qu’il entrerait en religion, si l’armée chrétienne était délivrée d’un pressant danger dans lequel elle se trouvait engagée. Le ciel ayant exaucé sa prière, il songea à remplir la promesse qu'il avait faite à Dieu, et se rendit sur le Mont-Carmel où il postula le saint habit des serviteurs de Marie.

Or, pendant que Bertold était adonné tout entier à l'œuvre de sa sanctification, il arriva qu’Aymeric, patriarche d’Antioche, et son propre frère, fut envoyé en Terre-Sainte en qualité de légat du Saint-Siége : le légat, ayant fait une visite au Mont-Carmel, y admira la vie céleste des religieux et leur traça une nouvelle règle. Le supérieur de l'Ordre étant allé à Dieu, dans l'intervalle, Aymeric installa, dans la fonction laissée vacante, Bertold qu’une élection unanime avait appelé à cette dignité et lui conféra, à la manière des Latins, le titre de prieur général. Celui que ses frères avaient choisi à cause de sa prudence et de sa sainteté, se crut indigne de l’honneur qu’on lui faisait : vaincu à la fin par les prières de ses frères, et croyant d’ailleurs que telle était la volonté du ciel, il ploya les épaules sous le fardeau qu’on lui imposait.

Fidèle observateur des lois de la régularité monastique, il préchait à ses frères autant par son exemple que par ses discours. Il avait un si tendre amour pour la Sainte Vierge, Protectrice particulière de son Ordre, qu'il ne laissait passer aucune heure du jour sans se prosterner à terre et la saluer par de tendre paroles, de pieuses affections. La charité dont son âme était brûlée à l'intérieur se reflétait sur son visage qui paraissait souvent comme environné des rayons du soleil. Dieu lui fit connaître d'avance les calamités qui allaient fondre sur la Terre-Sainte et le débordement de maux dont la persécution des infidèles serait le signal : il vit monter au ciel, emportées sur les ailes des anges, les âmes d’un grand nombre de ses frères que le cimeterre des Sarrasins avait moissonnés. Plein de mérites et illustre par ses miracles, Bertold s’endormit dans le Seigneur, sur le déclin du xrte siècle : il avait vécu cent quinze ans et avait été prieur du Carmel pendant quarante-cinq années.

Bréviaire des Carmes et Acta. — Trad. nouv.

EE —— — — …— — — — —"— — —"—" —— " ——"" "——" "——"———————"—"—"—"—"—"————"—————" —"——— —— ——————— LE BIENHEUREUX HUGUES DE VAUCELLES (1236).

Un des religieux les plus fervents et les plus exemplaires que l’on rencontrait au monastère de Vaucelles, au commencement du x111e siècle, était Hugues de Villa, auparavant doyen de l’église de Cambrai. Il était aussi distingué par la noblesse de sa naissance et ses talents, que par ses éminentes vertus. La crainte d’être appelé à quelque siége épiscopal le détermina à aller s’ensevelir dans le monastère de Vaucelles, où la régularité des premiers enfants de saint Bernard se conservait fidèlement,

Lorsque le projet du pieux doyen fut connu, beaucoup de personnes de qualité vinrent le prier de leur céder un magnifique vautour qu'il possédait. Le Bienheureux s’y refusa et dissimula son intention jusqu’au moment de son entrée en religion. Il arriva aux portes de l’abbaye avec cet oiseau, qui avait été pour lui dans le monde une innocente distraction et dont il voulait faire un généreux sacrifice. Rompant, en effet, en ce moment, la corde qui retenait l'oiseau captif, il lui rendit la liberté en lui adressant, avec la plus touchante naïveté, ces paroles : « Oiseau, ici je te quitte, te délie et envoie jouir en paix de ta liberté ».

On racontait encore de ce vénérable Religieux, et, dit Thomas de Cantimpré, je l'ai entendu moi-même de la bouche de plusieurs qui en avaient été témoins, que, pendant son noviciat, des oiseaux venaient quelquefois s’abattre familièrement sur ses mains et manger des miettes de pain qu'il y tenait, Le maitre des novices, pour éprouver sans doute la vertu de son-nouveau disciple

en contrariant ce plaisir innocent, en fit un léger reproche au bienheureux Hugues. Le digne Religieux éloigna aussitôt ces oiseaux qui voltigeaient autour de lui, en disant avec cette simplicité qu'on retrouvait dans toute sa conduite : « Oiseau, retire-toi, et ne sois pas étonné que je te force de partir : l’âge, la condition demandent que tu m'obéisses et non que je t’obéisse ».

Cet humble serviteur de Dieu édifia longtemps la communauté de Vaucelles par ses admirables exemples. Au moment de sa mort, il était pénétré d’une joie si vive et si sensible, que ses confrères qui l’environnaient crurent que Dieu le favorisait d’une révélation, Il remit paisiblement son âme au Seigneur au mois de mars de l’année 1236.

Vies des Saints de Cambrai et d'Arras, par M. l'abbé Destombes.

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