‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 48 sur 339 · SAINT MAMERTIN, RELIGIEUX A AUXERRE · texte numérisé non relu

SAINT MAMERTIN, RELIGIEUX A AUXERRE

il rendit son bienheureux esprit entre ses mains l’an 4472, le 30 mars.

Sa gloire fut manifestée par un nouveau prodige : un cercle lumineux parut auprès du soleil ; il représentait un homme assis sur un trône, et s'étant en apparence approché de la terre, il s’en retournait au ciel; ce qui fut vu par l’évêque de Turin, en une procession générale qu’il avait ordonnée pour la santé du saint Duc, et par plus de trente mille personnes qui le suivaient nu-pieds et vêtues de blanc. Son corps fut enterré dans l’église de Saint-Eusèbe, à Verceil, sous les marches du maître-autel. On était si persuadé de sa sainteté, que les évêques qui assistaient à ses funérailles délibérèrent longtemps s'ils diraient la messe des morts ; mais enfin l’archevêque de Turin dit la messe de la sainte Vierge, et l’évêque de Verceil celle du Saint-Esprit.

Son bonheur fut encore déclaré par un grand nombre de miracles qui se firent à son sépulcre ; aussi fut-il en peu de temps environné d’une infinité de pieds, de mains, de têtes et de corps de cire donnés en ex-voto. Sur le récit qui lui en fut fait, Galéas, duc de Milan, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois, ayant dit par raillerie à Bonne, sa femme, sœur du défunt, que son frère, le duc, était devenu marchand de cire, il devint tout à coup immobile sur son siége, et ne put être délivré de ce mal, qu’en reconnaissant sa faute et en demandant pardon à notre Bienheureux.

Ces miracles et d’autres encore, affirmés par saint François de Sales, au pape Paul V, déterminèrent Innocent XI à permettre le culte du bienheureux Amédée dans toute l’étendue du duché de Savoie.

On a souvent peint saint Amédée avec un cartouche portant ces mots, qui sont comme son testament politique laissé à ses fils : « Soyez justes ; aimez les pauvres et le Seigneur accordera la paix à vos Etats ». Il est spécialement honoré à Verceil, dans la Savoie, et à Nantua (Ain). Cette dernière ville faisait autrefois partie du duché de Savoie, ainsi que toute la Bresse et le Bugey.

Sa vie a été écrite en italien par François Malet, chanoine régulier de Saint-Jean de Latran, et depuis,

en latin, par le cardinal Bellarmin, et en français, par le Père Etienne Binet, de la Compagnie de Jésus. Samuel Guichenon en a fait aussi un abrégé chronologique dans l'Æistoire généalogique de la maison de Savoie,

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