Voir sa vie au 16 mars. — 4. Voir sa vie au 16 octobre
2 26 mars.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe de Saïnt-Basile. — La fête de l’archange saint Gabriel.
Martyrologe des Chanoines réguliers. — En Germanie, saint Ludger, dit le recteur des Chanoines réguliers de Lutosan.…
Martyrologe des trois Ordres de Saint-François. — Au château de Mucia, près de Camerino, le décès du B. R1ZZERI, confesseur, disciple de notre Père saint François, illustre en vertus et en miracles. 1236.
Martyrologe de Saint-Dominique. — L'octave de saint Joseph.
Martyrologe de Vallombreuse.— À Vallombreuse, le B. Millory (Melior), frère convers, fut le premier de cet Ordre qui mena la vie de reclus dans un ermitage séparé du monastère, Il mourut à genoux dans le creux d’une roche vers le milieu du xrtre siècle.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
Chez les Grecs, saint Gabriel, archange, dont ils célébraient la fête le lendemain de l’Annonciation. — A Lentini, en Sicile, sept enfants, martyrs, mis à mort sous le règne de l’empereur Dèce. — En Roumanie, les saints Bathuse et Verca, avec leurs enfants, Arpyle, Abépas, Constant, Hagna, Rhye, Egathrace, Hescoüs, Syla, Sigetza, Suérile, Suimble, Therma, Philga, Anne, Allade, Baride, Moïque, Mamyce, Virque, Animaïde, martyrs, de race gothique : ils furent brûlés dans l’église des chrétiens par ordre du prince Jungerick. Vers 370. — En Irlande, saint Mochelloc ou Kellen, solitaire. Vers 650. — Chez les Grecs, saint Etienne, hégumène et confesseur ; et sainte Stéphana Xylinite. Après l’an 845. — Chez les mêmes, saint Basile le jeune, solitaire, qui mourut à Constantinople. Il prédit l'échec de Constantin Porphyrogénète, lorsque ce prince voulut se faire associer à l'empire. Sa vie a été écrile par son disciple Grégoire. 952. — A Padoue, en Italie, sainte Félicité, vicrge, où du moins religieuse. Avantle x1e s. — À Utique 1, en-Espagne, sainte Eugénie, vierge, qui fut comme un beau lis de l'Eglise épanoui au milieu des épines du mahométisme et devint l’une des gloires de sa patrie. L'ardeur de sa foi, l'éclat de ses vertus la firent remarquer par les ennemis du nom chrétien. Jetée en prison, elle y demeura longtemps enfermée en compagnie d'un jeune garçon de dix ans nommé Pélage, dont elle devint l'ange tutélaire et le Sauveur. Elle lui adoucit les rigueurs de la captivité et l’encouragea à tout souffrir pour Jésus- Christ mort en croix. Eugénie, vainement sollicitée d’embrasser la loi du prophète, fut décapitée. Deux ans après, Pélage périt dans de cruels tourments pour n'avoir pas voulu souiller sa pudeur. Oh! que Dieu est bon pour l'innocence ; il fait garder un timide agneau par une timide brebis et tous deux triomphent de la fureur des loups. Règne d’Abdérame III. 921-923.
SAINT BRAULION, ÉVÉÈQUE DE SARAGOSSE 646. — Pape : Théodore.
L'histoire ecclésiastique nous apprend que saint Isidore, frère de saint Léandre, et son successeur en l’archevêché de Séville, connaissant combien il était important que la jeunesse, et principalement lesnobles, fussent bien instruils dans la piété et les lettres humaines, avait établi dans Séville un collége, dont lui-même, quoique archevèque, était le principal directeur et le premier professeur. Braulion, qui était un jeune homme d’une famille noble et illustre, eut le bonheur de se rencontrer parmi les enfants qui
1. Les Mahométans ont appelé Utique, Marmolejos. Ce nom est resté à cette ancienne ville de la Bétique, qu'il ne fœut pas confondre avec Utique d'Afrique, à laquelle Caton a emprunté son surnom pour s’y être suicidé, I n'est peut-être pas hors de propos de rapprocher les saints ou les sages de l'antiquité ie ceux du christianisme. On dit donc que ce fameux Caton, ce Caton si vanté, ayant appris que César ie poursuivait, se mit au lit, et que là, après avoir lu deux fois ce que Platon écrit de l'immortalité de l'âme, il se donna un coup d'épée au travers du corps. Ce coup n'ayant pas été mortel, on mit un appareil à sa plaie : il le défit et s'arracha les entrailles, an 708 de Rome. Utique d'Afrique est aujourd'hui un petit village nommé Bisert, à dix lieues de Tunis.
SAINT BRAULION, ÉVÊQUE DE SARAGOSSE, Ke
furent élevés dans cette pépinière de doctrine et de vertu : il devint le fidèle écolier d’un si bon précepteur. Car, avec le temps, saint Isidore l’eut en une si haute estime, qu’il ne le considérait plus Comme son disciple, mais li envoyait ses propres ouvrages pour les revoir et les corriger : ce qui montre l’humilité de l’un et la droiture d’esprit de l’autre. Cet excellent écolier, voulant suivre la profession de son maître, embrassa, selon le conseil qu'il lui en donna, létat ecclésiastique; et, pour le faire, il se retira vers son frère, Jean, évêque de Saragosse, qui, après l’avoir promu aux Ordres sacrés, le fit archidiacre, afin qu’étant, par cet office, comme son œil et sa main, il l’assistât en la conduite de son église et de tout son troupeau. Quelque temps après, ce prélat changeant cette vie de misère en une meilleure, laissa son siége vacant et son église sans pasteur. Lorsque les évêques voisins s’assemblèrent pour y pourvoir, un globe de feu descendit du ciel et s’arrêta sur la tête de Braulion, et, en même temps, fut entendue en l'air une voix qui disait ces paroles du prophète Isaïe : « C’est ici mon serviteur, que j'ai élu et sur qui repose mon esprit ». Les prélats, pleins d’admiration, remercièrent Dieu de ce qu’il leur faisait connaître sa volonté par un signe si manifeste : et ainsi tous, unanimement, sur le témoignage du ciel, nommèrent Braulion évêque en la place de son frère, et il fut forcé d’acquiescer à cette élection et de se charger du poids de cette dignité.
Il assista en cette qualité à trois Conciles célébrés à Tolède, savoir : au quatrième, où présida son maître, saint Isidore ; au cinquième et au sixième. Dès qu’il se vit élevé sur le trône épiscopal, il employa tous ses soins à repaître son troupeau, comme un bon pasteur, de l'aliment de la parole de Dieu et de la saine doctrine, et à arracher de son champ l’ivraie de l’hérésie arienne, qui s'était tellement enracinée parmi le bon grain, que, même après Ja conversion publique du roi des Goths, Récarède, et des autres principaux d'Espagne, il était néanmoins malaisé d’en détruire tous les restes. Le saint Prélat s’y appliqua dans son diocèse avec beaucoup de zèle et de vigilance; et ie Saint-Esprit, voulant autoriser davantage la doctrine qu’il enseignait, parut une fois sur son épaule en forme de colombe, comme lui inspirant à l'oreille ce qu’il devait faire savoir à son peuple.
Ces fonctions du saint Evêque ne l’empêchaient pas de se rendre fort assidu à l’église de Sainte-Marie-Majeure ou du Pilier, de la ville de Saragosse, où il s’occupait jour et-nuit au service de Dieu et de la sainte Vierge, sa mère. Son cœur était éloigné de toute pompe et de toute délicatesse; il ne se servait que des habits les plus rudes et les plus communs, sans distinction, sans ornement. Il était sobre en son manger, équitable à rendre la justice, fervent à prêcher la parole de vie, puissant et zélé à convaincre les adversaires de la vérité, par de fortes raisons, qu’il puisait dans l’Ecriture sainte. Sa libéralité envers les pauvres le rendit fort recommandable, et sa tendre sollicitude pour ses diocésains le fit regarder comme le bon pasteur de son siècle. Il fut évêque vingt ans, et trouva enfin l’heureux moment de sa mort, un dimanche au matin, le 26 mars; d’autres disent le 48, environ l’an 646. Une musique céleste se fit entendre à cette même heure, avec une voix qui disait : « Lève-toi, mon ami, et viens ». Le Saint, comme réveillé d’un profond sommeil, répondit en expirant : « Je m’en vas, mon Seigneur ; je suis prêt ». Son corps fut porté dans sa cathédrale par les évêques, assistés de tout le clergé et du peuple, et mis sous l’autel de Saint-Jacques, qu’il avait fait bâtir. De là il fut transféré en un autre endroit plus apparent de la même église; et, quand l'Espagne fut saccagée par les Maures, on le mit en un lieu de sûreté, où il est demeuré cinq à six cents ans à l’insu du
monde, jusqu’à ce que l’an 1270, selon le cardinal Baronius, et cent cinquante-deux ans après que les chrétiens eurent chassé les barbares de Saragosse, le bienheureux saint Valère apparut à un évêque de Saragosse nommé Pierre, et lui révéla le lieu où était le corps de son saint prédécesseur, qui fut trouvé aussi entier que lorsqu'il y avait été mis, et exhalant une odeur très-agréable. Il futtiré de là et porté devant le grand autel de la même église, où il est encore aujourd’hui dans un magnifique tombeau, vénéré de tous les habitants de cette grande cité comme leur patron et leur puissant protecteur auprès de Dieu: cette translation fut signalée par plusieurs miracles éclatants.
Nous avons de saint Braulion deux lettres à saint Isidore, un éloge de ce même Saint avec le catalogue de ses ouvrages, une hymne en vers iambes en l'honneur de saint Emilien, avec la vie de ce serviteur de Dieu.
Le martyrologe romain fait mémoire de saint Braulion; saint Ildefonse, au Livre des Hommes illustres, et d'autres écrivains espagnols, font mention de sa vie.