‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 65 sur 339 · SAINT VALERY · texte numérisé non relu

SAINT VALERY

MOINE DE LUXEUIL ET PREMIER ABBÉ DE LEUCONAUS 619. — Pape : Boniface V. — Roi de France : Clotañe IF,

Omnia possuin in eo qui me confortat.

Avec la grâce de Dieu et une volonté énergique, on peut tout. Aux Philipp, 1v, 13. «

Saint Valery naquit en Auvergne, d’une famille pauvre et obscure. On ignore le lieu précis de son origine ; mais on sait qu’il passa sa jeunesse à garder les troupeaux. Il avait un grand désir de s’instruire, et les moyens lui manquaient. Un jour, étant à la garde des brebis de son père, il entendit parler de quelques écoles du voisinage, où les enfants des nobles familles étaient élevés dans l'étude ; il soupira dès lors après le bonheur de participer au même bienfait. Il alla prier un de ces maîtres de la jeunesse de vouloir bien lui tracer les figures des lettres, et de lui apprendre à les connaître : ce à quoi celui-ci se prêta volontiers. Valery, revenu à la garde de son troupeau, repassa dans sa mémoire ce qu’on venait de lui enseigner, et, à l'insu de ses parents, développa avec tant d’assiduité ces premières notions, qu'il parvint en peu de temps à savoir lire et écrire. Le premier usage qu'il fit de ces connaissances fut de transcrire le Psautier, qu’il apprit en entier par cœur. Il commença dès lors à fréquenter plus assidûment l’église, à suivre les chants du chœur ; peu à peu, la grâce de Dieu agissant, il sentit son âme s’enflammer des choses célestes. C'était, sans doute, dans quelque église de monastère qu'il se rendait ainsi ; on en peut présumer que l'aspect de religieux édifiants éveilla en lui ce goût de recueillement et de solitude, qui le domina toute sa vie.

Un oncle qu’il avait, se rendant un jour au monastère d’Autumon ou d’Autoin ?, Valery l’y accompagna. Il y passa quelque temps; son désir d'entrer dans la vie religieuse devint alors tellement vif, qu'il ne fut plus

Page 1