‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 66 sur 339 · En latin Walaricus ou Gualaricus · texte numérisé non relu

En latin Walaricus ou Gualaricus

2. 11 y a eu deux établissements de ce nom : Awfoin, à quatre lieues d'Issoire, prieuré du diocèse de Saint-Fiour, dépendant du monastère de Soucillanges; et Anioin, à une lieue d'Issoire, et dépendant des Pères Carmélites du faubourg de Clermont. (Acta Sanctorum ord. S. Bened., t. v, addit. et corr., p. 628.)

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possible de le décider à en sortir. Son père vint inutilement le prier de rentrer chez lui : Valery répondit qu’il ne reverrait plus jamais la maison paternelle. L'abbé et tous les religieux réunirent leurs instances à celles du père : ils ne purent triompher de sa résolution. Ni la douceur, ni la sévérité, ni les jeûnes rigoureux qu’on lui imposa, ni même la menace de chàtiments corporels, ne le firent fléchir : il se souvenait, dit l'historien, de ces paroles de Jésus-Christ : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ». A la fin, l’abbé, reconnaissant qu’une vocation aussi ferme ne pouvait venir que du ciel, dit à ses frères : « Ne rejetons pas le don de Dieu ». Selon toute apparence, le père lui-même se rendit à ces signes évidents de la volonté divine, et consentit à se séparer de son fils : car, peu de jours après, il était présent au monastère, quand l'abbé d’Antoin, donnant la tonsure cléricale à Valery, l’engageait irrévocablement au service du Seigneur.

Le jeune novice fit de rapides progrès dans la vertu, au point de devenir bientôt le modèle de ses frères. On ne se lassait pas d'admirer sa patience, son amour de la mortification, sa prudence, sa douceur, son angélique piété. On le trouvait toujours prêt pour les œuvres de charité ; aussi était-il universellement aimé. Du reste, la grâce intérieure semblait chez lui se refléter au dehors, et répandre sur ses traits je ne sais quoi d’aimable qui charmait tous les regards. Une maturité au-dessus de son âge s’adjoignait à ces hautes vertus : il devenait visible que Dieu le destinait à quelque grand dessein. Bientôt, en effet, Valery, initié de si bonne heure aux secrets de la piété, sentit le besoin d’agir et de verser au dehors le feu qui le consumait. Il était, d’ailleurs, trop près de ses parents : comme les illustres solitaires de cette époque, il sentit que le détachement ne peut être parfait tant que l’on vit au sein de sa patrie.

Il partit donc pour Auxerre. La renommée lui avait appris que l’évêque Aunachaire ! avait établi, sous l’invocation de saint Germain, un monastère dans le faubourg de cette ville, qu’il y habitait lui-même et y donnait l’exemple de toutes les vertus. Valery s’y rendit, et fut accueilli avec bonté par le prélat. Dans cette nouvelle retraite, plus libre et plus dégagé de tout lien terrestre, il se livra avec une nouvelle ardeur aux exercices de la pénitence, aux veilles, aux jeûnes et à l’oraison : en sorte qu'il semblait moins mener la vie d’un homme que celle d’un ange.

Sa réputation s’étendit bientôt au loin. Un seigneur nommé Bobon, aussi riche qu'illustre, entendit parler de notre jeune religieux, et voulut le voir. À peine eut-il abordé Valery, qu’il se sentit gagné par la douceur de sa parole et la bonne odeur de ses vertus. Les instructions du jeune moine pénétrèrent si avant dans l’âme du seigneur, que celui-ci se sentit pressé de renoncer au monde, pour se donner tout à Dieu. Il ne retourna pas même chez lui, se dépouilla entièrement de sa fortune, et embrassa la pauvreté évangélique.

La célébrité qui s'attache aujourd’hui aux savants était alors réservée aux saints. Un personnage illustre par ses vertus devenait comme le point de mire vers lequel tous les yeux se portaient. Saint Colomban était un de ces hommes que le ciel donne en spectacle à la terre. Ses prédications dans les Gaules, ses grandes vertus, les miracles qu’il opérait, le nombre de ses disciples et la régularité qui régnait parmi eux : tout était propre à exciter le désir de le voir, de l’entendre, de servir Dieu sous ses ordres. Valery espérait surtout trouver en lui de nouvelles lumières ou de plus puissants

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