‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 76 sur 339 · LE BIENHEUREUX GÉRARD, RELIGIEUX CAMALDULE · texte numérisé non relu

LE BIENHEUREUX GÉRARD, RELIGIEUX CAMALDULE

tait un précipice. Dans lequel tomber ? La loi naturelle lui commandait de tout faire pour sauver la vie à un enfant de Dieu. Il demanda la permission d’en aller conférer avec Tibère dans sa prison : ce qui lui fut accordé. Tibère, qui savait combien Jean était dépourvu de toute ambition, lui conseilla d'accepter en attendant. Dix-huit mois après, le gouverneur Bon mourut; mais son successeur immédiat ne voulut pas encore accorder aux prières de Jean l'élargissement de Tibère : Dieu permit qu'il sortit de ce monde six mois après son installation, et le nouveau gouverneur n'eut rien de plus pressé que de rendre le père à son fils. Mais une longue et dure captivité avait épuisé les forces de Tibère : il ne revit la lumière que pour lui fermer ses yeux. L’avant-veille de sa mort, il convoqua le clergé et le peuple, se fit asseoir sur le trône épiscopal, et là, fit l’éloge de Jean, qui avait été la consolation de sa captivité. Il recommanda de le reconnaitre pour évêque et pria tout le monde d’attester au souverain Pontife qu'il n’était point un usurpateur. En effet, le pape Grégoire IV, à qui l'affaire fut déférée, n’y trouva, après informations, rien à redire et fit même venir Jean à Rome, où il le consacra de ses propres mains (842).

Dix ans après, la veille de Pâques de l’an 853, il mourait plein de mérites, et pendant que son âme prenait le chemin du ciel, son corps fut porté en grande pompe dans l’église de Saint-Janvier, escorté par les néophytes, baptisés de la veille et encore vêtus de leur robe blanche.

On dit que saint Paulin de Nole vint signifier à Jean d’avoir à quitter notre pauvre monde, et c’est pour cela qu'on célèbre sa fête le 22 juin, jour de celle de saint Paulin, bien qu’il soit mort le 4er avril.

Acta Sanctorum, traduction nouvelle.

SAINTE MARCELLE, VIERGE D’AUVERGNE (x° siècle).

On ignore l’époque précise de la naissance et de la mort de sainte Marcelle ; mais on sait qu’elle naquit à Chauriat, dans l’ancien archiprêtré de Billom, sur la fin du 1xe siècle. Ses parents étaient cultivateurs, et c’est à elle qu'ils confaient la garde de leurs troupeaux. Un jour que, filant sa quenouille, elle faisait paître ses chèvres sur le versant d’une colline située près du lieu qu’habitaient ses parents, lle s’endormit en murmurant les dernières paroles d’une prière qu’elle avait adressée à la Sainte Vierge, pour la conjurer d'éloigner de tous ceux qui lui étaient chers les atteintes d’une fièvre pernicieuse qui désolait alors la contrée. Pendant son sommeil, le fuseau qu’elle tenait à la main lui échappa et s'arrêta dans une des fissures du rocher sur lequel elle reposait ; l'ayant repris à son réveil, elle vit, avec étonnement, jaillir, à l'instant même, de cette fissure une source d’eau vive qui, par la suite, eut la vertu de guérir de la fièvre ceux qui en étaient atteints.

Ce miracle, opéré par sa prière, inspira à la jeune Vierge l'idée de se consacrer entièrement au service de Dieu ; elle se sépara donc complétement du monde pour vivre dans la solitude, où elle s’occupa d’oraisons et s'imposa toutes sortes de privations, voulant, suivant l'expression d’un ancien chroniqueur, faire de son corps un reliquaire de virginité; c’est pour cela que l'Eglise Vhonore comme Vierge, et l’on pense, quoique l’histoire ne nous apprenne rien de certain à cet égard, qu’elle a été martyrisée.

Dans l’acte de fondation du monastère des bénédictins de Chauriat, dressé au mois de décembre de l’année 976, il est fait mention de la donation de trois églises dédiées à saint Pierre, à Notre-Dame ef à sainte Marcelle, et l’on conserve dans l’église paroissiale actuelle de cette commune la chässe où sont renfermés les ossements de sainte Marcelle, dont on célèbre la fète le lundi de Päques.

Saints et Saintes d'Auvergne.

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