SAINT JEAN IV, ÉVÊQUE DE NAPLES
Jean était né à la campagne et dans la plus extrème pauvreté. Cela n'empêcha pas Dieu d’aller le chercher si bas pour l’élever bien haut, el d'une manière assez singulière pour qu’elle mérite d’être rapportée. Devenu savant par charité, il embrassa, pour vivre, la profession d'écrivain public : c'était un vrai calligraphe que notre Jean l’Ecrivain; aussi la besogne abonda-t-elle bientôt dans son échoppe. Mais, comme il était aussi saint que savant, sa vertu fit bientôt plus de bruit que son talent. L'Eglise, qui a toujours recherché le mérite où qu'il se trouve, voulut enrôler Jean parmi ses ministres, et il était diacre lorsque le gouverneur de Naples, homme querelleur s’il en fut jamais, vint à se brouiller avec l’évêque de la ville, nommé Tibère. Ce gouverneur, qui se nommait Bon, nom qui jurait avec son caractère, fit jeter dans un cachot l'évêque qui avait eu le malheur de lui déplaire et l'accabla de toutes sortes de misères. Il ne s’en tint pas là : il voulut le faire remplacer, convoqua les électeurs et leur présenta son candidat officiel. Ce candidat, qui se trouva être Jean, réunit tous les votes. Mais aux yeux de notre Saint, cette élection était on ne peut plus anticanonique : aussi alla-t-il se cacher. Le gouverneur le fit rechercher et amener devant lui : « Pourquoi ne souscrivez-vous pas au choix qu’on a fait de vous pour le siége de Naples? » — « Parce que celui qui l’occupait vit encore ». — « Qu’à cela ne tienne. Je vais le faire égorger ».
Jean se trouvait donc placé entre l'alternative d’occasionner, par son refus, la mort de son pasteur qu'il aimait et vénérait, ou de transgresser une loi de la discipline : de part et d'autre, c’é-