‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 98 sur 339 · SAINT BENOÎT LE MORE · texte numérisé non relu

SAINT BENOÎT LE MORE

ment de la Terre-Sainte sur les infidèles ; car, ayant reçu l’ordre de Sa Sainteté de publier la croisade par toute l’Angleterre, il s’y porta avec un si grand zèle, qu’il n’y eut point de ville, de bourg et de village qu’il ne visitât pour ce sujet. Enfin, étant dans le dessein d’aller à Douvres, il se sentit saisi d’une fièvre, dix jours avant d’y arriver. Il y alla néanmoins, et, descendant d’abord à l’Hôtel-Dieu, il y bénit une église et un cimetière, pour la sépulture des pauvres, sous le nom de Saint-Edme. Mais voyant le terme de ses jours approcher, et sentant qu’il fallait quitter ce monde, il commanda à son chapelain de préparer tout ce qui était nécessaire à ses funérailles ; puis, ayant demandé un crucifix, il le baisa avec beaucoup de ferveur. Et, après avoir recommandé son esprit à Dieu, par les paroles que Jésus-Christ adressa sur la croix à son Père, il fit cette prière à la Sainte Vierge : « Marie, mère de Dieu et de miséricorde, défendez-nous de l’ennemi et recevez-nous à l'heure de la mort » ; ce qu’il ordonna à ses prêtres de répéter jusqu’à ce qu’il eût rendu sa bienheureuse âme, le 3 avril environ, l’an de Notre-Seigneur 4953, de son âge le cinquante-sixième et le neuvième de son épiscopat.

Quoique durant sa vie son corps eût toujours paru extrêmement exténué par les jeûünes, les veilles, le cilice et les fréquentes disciplines dont il se servait pour le tourmenter, il fut néanmoins trouvé après sa mort aussi beau et aussi frais que s’il eût déjà reçu les marques de la résurrection. On le transporta en son église de Chichester, selon la disposition de sa dernière volonté, et on l’y inhuma devant l’autel de saint Edmond, qu’il avait luimême consacré. Dieu honora sa mémoire de plusieurs miracles, entre autres de la résurrection de trois morts qui fut faite à son sépulcre. Le pape Urbain IV fit le décret de sa canonisation l’an 1269.

On représente saint Richard 1° conduisant la charrue de son père : dans un lointain hofizon on voit poindre la mitre et la mozette ; 2° avec un calice à ses pieds, parce que, dit-on, au commencement de son épiscopat, il laissa tomber un vase consacré sans que le contenu s’en renversât ; 3° entouré de pauvres et leur faisant l’aumône ; 4° bénissant l’église de Douvres, dont un plan est devant lui; 5° imourant en embrassant tendrement un crucifix.

Le martyrologe romain et celui d'Usuard font mention de saint Richard. Les continuateurs de Bollandus en rapportent deux vies : l'une tirée de la Zégende d'Angleterre, de Jean Capprave, et l'autre composée

par un religieux de l'Ordre de Saint-Dominique : nous nous sommes servi de l’une et de l’autre pour la composition de celle-ci.

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