SAINT NABOR ET SAINT FÉLIX, MARTYRS À MILAN
304. — Pape : Saint Marcellin, — Empereurs : Dioclétien et Maximien.
Quam mirandi generis mors est, cui parum fuit non esse în pœnis, nisi esset insuper in deliciis.
O admirable trépas des martyrs! c'était peu que la mort mît fin à leurs souffrances, si elle n'eût été d'ailleurs une source de délices.
S. Aug., tract, 65 sup. Evang. Joan.
Ces deux illustres témoins de la divinité de Jésus-Christ et de la vérité de la religion chrétienne ont eu pour panégyriste un des plus grands docteurs de l'Eglise, saint Ambroise, dans son Commentaire sur saint Luc et dans son Epiître à sa sœur Marcelline ; et l'Eglise honore leur mémoire par une commémoration annuelle en son office. Ils paraissent dans l’histoire comme Melchisédech, sans père, sans mère et sans pays. Ce que les Annales ecclésiastiques nous apprennent, c’est que, dans la cruelle persécution @e Maximien Hercule, ils furent arrêtés comme chrétiens, assez près de Milan, et jetés dans une obscure prison, avec défense expresse de leur rien donner à manger ni à boire, afin que la faim et la soif les obligeassent d'abandonner le culte du vrai Dieu et les forçassent d'offrir de l’encens aux idoles. Mais ces généreux chrétiens, que Dieu soutenait par sa parole, ne diminuèrent rien pour cela de leur constance et de leur fermeté dans la foi, et endurèrent si généreusement, non-seulement la faim et la soif, mais aussi les ténèbres, l’imfection et les incommodités de leur cachot, qu’on désespéra de les gagner par cette première épreuve.
Le tyran les fit donc paraître en sa présence; et, comme il les trouva plus que jamais courageux, il les fit charger de coups de bâton. Ensuite, espérant que le supplice de Nabor pourrait intimider Félix, il fit appliquer le premier à la torture , on lui brûla les côtés avec des torches ardentes, et on lui déchira toute la peau avec des ongles de fer. Le Martyr, au milieu de
1. On peut voir dans les Bollandistes, édition Palmé, 1867, tome 11x de juillet, page 441, une planche fort curieuse, copiée sur un exemplaire publié chez Michel Wagner, à Inspruck, en 1658, et donnant, dans une suite de vingt et une images, l'histoire complète de la vie tragique du bienheureux enfant.