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père Mauger et sa mère Onoguera s’attachèrent à lui donner une excellente éducation, et le jeune homme répondit parfaitement à leurs soins. Il se fit remarquer de bonne heure par ses sentiments généreux et par un dévouement sincère à la religion. Dieu, pour le récompenser de la fidélité avec laquelle il avait su conserver la pureté de ses mœurs au milieu des dangers du monde, lui donna pour épouse une sainte femme, qui avait passé, comme lui, les premières années de sa vie dans la plus parfaite innocence : c'était sainte Valtrude ou Vaudru.
Si l’on en croit certains hagiographes, ce serait peu de temps après le mariage de saint Mauger, que Dagobert lui confia une mission très-importante en Irlande, d’où il serait revenu dans la suite avec un grand nombre de saints missionnaires qui prêchèrent l'Evangile dans ces contrées. Les auteurs qui adoptent cette opinion, lui donnent pour compagnons, à son retour d'Irlande, les saints Foillan, Ultan, Fursy, Eloquie, Adalgise, Etton et Algise. ,
Quoi qu'il en soit de cette première partie de sa vie sur laquelle les opinions sont fort partagées, on voit que le comte Mauger habitait le Hainaut avec sa vertueuse épouse, à l’époque où saint Ghislain commençait à bâtir son monastère de Celles, et à édifier toute la contrée par ses vertus et ses œuvres saintes. Mauger lui-même s’y faisait remarquer par ses inclinations vertueuses autant que par ses brillantes qualités. Charitable et compatissant envers les pauvres, il veillait à ce qu'aucun d’eux ne fût privé des choses nécessaires’ à la vie, et sa sollicitude lui inspirait les plus touchants égards pour les malheureux et les infirmes qu’il regardait comme les membres souffranits de Jésus-Christ. En même temps qu'il leur donnait les secours corporels, il savait aussi leur adresser des paroles de piété et de confiance en Dieu, pour réveiller les sentiments religieux dans des cœurs quelquefois aigris ou corrompus par le vice.
A l'exemple de sa pieuse épouse, Mauger apportait un très-grand soin à l'éducation de ses enfants. Landry, l’aîné, promettait déjà de devenir un fidèle imitateur de ses vertus : deux filles qui le suivaient, Aldétrude et Madelberte, faisaient aussi voir une grande piété dans toute leur conduite. Le plus jeune, Dentelin, enfant prédestiné pour le ciel, ne devait point tarder à remettre son âme innocente à son créateur. Mauger, au milieu de ses enfants, remplissait avec bonheur tous les devoirs d’un père de famille, et il ne se faisait pas moins admirer dans tout le pays par sa conduite sage et religieuse, que par son dévouement au monarque et la fidélité avec laquelle il s’acquittait des charges qui lui étaient confiées.
Dieu, qui le destinait à donner un grand exemple au monde par le renoncement généreux qu’il fera bientôt de tous ses biens et de tous ses honpeurs, inspira tout à coup à son fils aîné Landry, le désir d'entrer dans le sacerdoce. Mauger, dans le premier moment, fut étonné, affligé même de cette confidence : il répondit à Landry qu’il devait s’en rapporter à lui sur le choix d’un état et qu’il fallait plutôt songer à contracter une noble alliance dans le siècle, où d’ailleurs il pourrait faire son salut comme tant d’autres avant lui. Toutefois, quand le vertueux jeune homme renouvela sa demande, Mauger ne crut pas pouvoir s’opposer aux desseins de Dieu, et d’après le conseil des amis sages et religieux qu’il prit soin de consulter, il accorda à son fils la permission qu’il sollicitait.
Ce sacrifice, qui coûta beaucoup à son cœur paternel, les sollicitations de sa vertueuse épouse qui soupirait après La solitude, les exemples de plusieurs grands seigneurs du royaume qui avaient abandonné leurs dignités et