SAINT ÉVRARD, BERGER
des quarante martyrs. Leur bienheureuse mort arriva le 45 juillet 4570.
Le culte public rendu à ces glorieux Martyrs s'étant répandu partout, le pape Pie IX le confirma solennellement le 41 mai 1854.
On représente le bienheureux Ignace d’Azevedo : 4° sur la flotte où il était monté avec ses compagnons pour se rendre au Brésil, et d’où il fut jeté avec eux dans la mer ; 2° encourageant l'équipage en élevant au pied du grand mât une image de la sainte Vierge, peinte par saint Luc. Le pape Pie V la lui avait confiée pour la porter au Brésil ; 3° en groupe, avec ses compagnons de martyre.
Nous nous sommes servi, pour composer cette biographie, de la Vie du Bienheureux Ignace d’Azevedo, par le P. de Beauvais, de la compagnie de Jésus.
SAINTE APRONIE OÙ APRONE,
VULGAIREMENT SAINTE ÉVRONIE, VIERGE (vers 420).
Sainte Evronie, sœur de saint Epvre, avait suivi son frère à Toul, et s’y livrait, à son exemple, à tous les exercices de la piété. Mais à la mort du pieux évêque, l’amour de la patrie se réveilla dans son cœur, et elle vint se fixer à Troyes, dont elle édifia les habitants par sa vie sainte et retirée. Elle vécut encore quelques années ; et, quand Dieu l’eut réunie au frère chéri qu’elle avait pleuré sur la terre, on la jugea digne des honneurs sacrés, et son nom ne tarda pas à prendre place dans divers martyrologes.
Elle sortit de ce monde vers l’an 420 et reçut la sépulture à Troyes où elle était décédée : saint Gérard, désireux d'enrichir de saintes reliques la cathédrale qu’il faisait construire, sollicita et obtint du peuple de Troyes le corps de la sœur de l’un de ses illustres et saints prédécesseurs. Il en plaça les plus insignes portions dans une magnifique châsse, pour les exposer dans son église de Toul et fit présent du surplus à l’abbaye de Saint-Epvre où il fut conservé jusqu’à la Révolution de 93 dans un buste remarquable par sa richesse et offert, en 1390, par Waudric, de Vaucou= leurs, chanoine de Toul. À cette époque de’sang et de désas:res, la partie des reliques de la Sainte que l’on honorait à la cathédrale fut sauvée avec celle de piusieurs autres Saints, par la piété de M. l'abbé Aubry, alors vicaire du chapitre, et qui, après 1e calme rétabli, les plaça dans l’ancienne collégiale devenue paroissiale de Saint-Gengoult dont il avait été nommé curé. La portion vénérée à Saint-Epvre fut mise en sûreté par Dom Nicolas Bassigny, prieur du monastère, qui, en 1803, en gratifia M. l'abbé de Goussonville, décédé curé de Montenoy. Ce dernier en fit présent, le 44 juillet 1820, à M. Antoine, curé de Saint-Epvre de Nancy, pour sa paroisse. M. Antoine en détacha une faible partie pour l’église de Houdreville et plaça ce qu'il avait conservé dans un reliquaire décent. Aujourd’hui le chef de sainte Aprône est retourné à la cathédrale de Toul, nous ne dirons pas par quelle voie ; les ossements qui l’accompagnaient sont restés à Saint-Gengoult, et la relique de l’abbaye bénédictine est vénérée dans les deux églises que nous venons de nommer.
Nous devons cette notice à l'obligeance de M. l'abbé Guillaume, chanoïne de Nancy.