‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 142 sur 229 · Pape : Saint Jules Ier, — Empereur : Constance II · texte numérisé non relu

Pape : Saint Jules Ier, — Empereur : Constance II

Virtus pro fide, pro justitia, nec exilium metuit. Le chrétien courageux, quand il s'agit de la foi ou de la justice, ne craint pas même l'exil.

Lact. Firm., in Æpitome,

Saint Eustathe eut pour patrie la ville de Side, en Pamphylie. Nous apprenons de saint Athanase, qu’il confessa généreusement la foi devant les persécuteurs, sans qu’on puisse toutefois déterminer si ce fut sous Dioclétien ou sous Licinius. Il était recommandable par son savoir et par son éloquence ; mais il l'était beaucoup plus par son éminente sainteté et par son zèle ardent à maintenir la pureté de la doctrine catholique. C’est pourquoi un écrivain célèbre, le comte de Stolberg, l'appelle « une des principales colonnes de l’Eglise ». Ayant été placé sur le siége de la petite ville de Bérée, en Syrie, il s’acquit bientôt une grande considération dans l'Eglise, et il mérita de recevoir, en 323, une lettre particulière de saint Alexandre d'Alexandrie, au sujet d’Arius et de ses dogmes impies.

Antioche perdit la même année saint Philogone, son évêque, prélat illustre par le titre de confesseur qu’il avait mérité dans la persécution de Licinius. On lui donna pour successeur un nommé Paulin, qui était peu propre à remplir les devoirs de cette place. Heureusement son épiscopat ne fut pas de longue durée; les ronces et les épines qu’il avait laissé croître dans le champ de son Eglise demandaient une main habile qui sût les arracher du milieu du bon grain.

Personne ne paraissant plus capable qu’'Eustathe de remédier aux maux qui s'étaient introduits, on le choisit, en 324, pour remplir le siége d’Antioche, qui était alors le troisième du monde chrétien. Il s’opposa fortement à sa translation ; mais il fut enfin obligé d’y acquiescer. Sa résistance venait de ce que ces sortes de translations sont défendues par les canons de l'Eglise, à moins qu'il n’en résulte de grands avantages pour la gloire de Dieu et pour l'utilité du prochain. On a voulu par là fermer la porte du sanctuaire à l'ambition et à l’avarice, et attacher les évêques à un diocèse qu'ils doivent gouverner toute leur vie. Eustathe, plein de zèle pour l’Eglise, travailla fortement, dans le concile de Nicée, à faire maintenir la discipline ecclésiastique sur l’article dont nous parlons, et il eut beaucoup de part aux règlements que l’on dressa pour empêcher que les évêques ne passassent d'un siége à un autre ; il se distingua aussi dans une assemblée par son zèle contre l’arianisme.

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