‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 149 sur 229 · SAINTE REÏNEIDE, VIERGE, ET SES | COMPAGNONS, MARTYRS · texte numérisé non relu

SAINTE REÏNEIDE, VIERGE, ET SES | COMPAGNONS, MARTYRS

viteur du nom de Gondulphe. Là, les bras en croix et prosternée humblement devant l’autel du martyr saint Quentin, elle demandait à Jésus-Christ la grâce de répandre pour lui son sang, comme il avait daigné répandre le sien pour le salut des hommes.

Les barbares, semblables à des animaux furieux, se jetèrent avec rage et violence sur toute la contrée : bientôt ils arrivèrent dansle village abandonné, et se dirigeant vers l’église, ils y égorgèrent les trois victimes qui s’étaient comme dévouées pour le salut du peuple entier. Sainte Reinelde et le sousdiacre saint Grimoald eurent la tête tranchée ; Gondulphe, sans qu'on puisse expliquer la raison d’un semblable supplice, eut la tête percée de gros clous. Après ce massacre, les idolâtres essayèrent de mettre le feu à l’église, mais toutes leurs tentatives furent inutiles. Lorsqu'ils eurent ravagé tout le pays, ils retournèrent vers les côtes de la Frise, et c’est alors que les habitants, en rentrant dans leur village, retrouvèrent les restes sanglants des trois Martyrs qu'ils enterrèrent dans l’église avec tous les honneurs dus à des corps saints.

On représente sainte Reinelde : 4° traînée par les cheveux, puis décapitée par les barbares ; 2° ayant à ses côtés l’épée, caractéristique de son martyre; 3° dans un groupe, avec sa mère sainte Amalberge et sa sœur sainte Gudule.

Elle est patronne de Maeseyck, petite ville du Limbourg belge, sur la Meuse,

CULTE ET RELIQUES

De nombreuses guérisons ont été opérées au tombeau de sainte Reinelde ; ses Actes citent entre autres celle d’un paralytique de sept ans, d’un grand nombre d’aveugles et de boiteux. Des ex-vota multipliés rappelaient le souvenir de ces bienfaits de la Vierge martyre. Il y eut plusieurs élévations de son corps : l’une, qui paraît être la première, fut faite en 806 par les évêques de Cambrai, de Tournai et de Liége ; l’autre, qui eut lieu sous le pontificat de saint Grégoire VII, par Gérard, évêque de Cambrai et d'Arras. Dans les années 1170 et 4852, les abbés de Lobbes, Jean et Pierre, visitèrent ces saintes reliques et les exposèrent à la vénération du peuple. Enfin, en 4621, l'illustre François van der Burch, archevèque de Cambrai, visita lui-même ce lieu si cher à a piété des fidèles.

Le culte de sainte Reinelde a été de tout temps très-célèbre dans le Hainaut et le Brabant, et surtout dans le village où elle a été martyrisée. On linvoque particulièrement pour la guérison des ulcères invétérés, des blessures et d’autres infirmités semblables. Pour cet effet, on emploie surtout avec succès l’eau d’une fontaine, distante de l’église d'environ un demi-quart de lieue, et qui porte aussi le nom de Fontaine de Sainte-Reinelde. Dieu a souvent récompensé par des guérisons extraordinaires la foi et la piélé des infirmes et des malades qui en venaient chercher, ou à qui on.en portait. On voit quelquefois des personnes qui se rendent en ce lieu, non-seulement de Halle, mais encore de pays très-éloignés.

La dévotion envers sainte Reinelde amène souvent beaucoup de pèlerins auprès de ses précieuses reliques. Le jour de sa fête surtout, 16 de juillet, on en aperçoit des mullitudes qui arrivent de tous les villages voisins. Les travaux sont alors suspendus, et les habitants profitent de ce repos pour remplir leurs devoirs religieux.

La fête de la Sainte-Trinité attire aussi à Saintes un immense concours de pèlerins : ce jourlà, on fait une procession très-solennelle dans laquelle les reliques de la Vierge martyrisée sont portées triomphalement sur un char, avec les deux châsses qui renferment celles “de saint Grimoald et de saint Gondulphe.

La châsse qui contient la précieuse dépouille de sainte Reinelde est en cuivre doré et d’un très-beau travail : des deux côtés on voit douze petiles statueltes en argent qui représentent les Apôtres. La Patronne occupe seule une de ces faces de la châsses, et la sainte Vierge la face opposée. Cette statue de sainte Reinelde est aussi en argent et de la hauteur de trente centimètres en viron : elle est représentée en costume de pèlerin, un bourdon dans la main gauche et une palme dans la main droite.

Outre les indulgence accordées par les souverains Pontifes, en faveur des pieux fidèles qui viendraient honorer la Sainte, dans ie licu où elle a répandu son sang pour Jésus-Christ, une confrérie, établie par les habitants de Saintes et des lieux voisins, attire encore, sur loute la contrée.

d'abondantes bénédictions. Les règles de cette association sont très-sages et très-propres à faire avancer dans la vertu tous ceux qui les suivent avec fidélité.

Il y a auprès de Halle, sur la route qui conduit à Enghien, un village qui porte le nom de Sainte-Reinelde, et où cette sainte Martyre est aussi très- vénérée.

À Condé, rapporte un très-respectable témoin oculaire, on désigne encore l'endroit où existait le château qu'elle habitait. De toutes parts on vient l’invoquer devant sa statue placée dans l’église et les pèlerins vont tous puiser au puits de sainte Reinelde une eau qui a opéré souvent, dit-on, des guérisons remarquables. Ce puits se trouve aujourd'hui dans le vaste enclos de l'arsenal : i! est entouré de murailles à hauteur d'appui, et entretenu avec soin et respect par le commandan de l'artillerie. L'église de Condé possède aussi un très-ancien reliquaire sur lequel on lit l’invoca tion suivante : « Sainte Reinelde, native de Condé, priez pour nous ».

Nous avons emprunté eette biographie à la Vie des Saints des diocèses de Cambrai et d'Arras, par l'abbé Destombes.

S. FULRADE, ABBÉ DE SAINT-DENIS, PRÈS PARIS, ET FONDATEUR DE PLUSIEURS ABBAYES EN ALSACE.

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