SAINT HÉLIER OU HÉLIBERT, SOLITAIRE
MARTYRISÉ DANS L'ÎLE DE JERSEY (vi° siècle).
Hélier, ou Hélibert, naquit à Tongres (Afuatuca Tungrorum), qui est aujourd’hui une petite ville du Limbourg belge. Ses parents étaient païens, mais la Providence permit qu'il fût instruit de bonne heure, par des étrangers, de la science du salut. Devenu chrétien et aspirant à la perfection des anachorètes, il fut attiré, vers le milieu du vie siècle, à Nanteuil, dans le Cotentin (partie de la basse Normandie), par la réputation de saint Marcou ou Marculphe, fondateur et premier abbé de ce monastère (Nantum, Ordre de Saint-Benoït, fondé vers 526, au diocèse de Coutances). Après y avoir passé quelque temps dans la pratique de toutes les vertus religieuses, il profita de la permission que le saint abhé donna aux plus fervents de ses disciples de passer dans l'ile de Jersey (Cæsarea, dans la Manche), pour y mener la vie anachorétique.
I n’y trouva que trente habitants, et en guérit un qui était paralytique. Ayant ensuite fixé sa demeure sur un âpre rocher, lavé de tous côtés par les eaux de l'Océan, il y mena pendant quinze ans une vie plus angélique qu'humaine. Trois ans, s'étaient passés depuis qu'il s'était enfoncé dans cette solitude, lorsqu'il reçut la visite de saint Marcou qui l’encouragea dans son genre de vie. Ou dit que Notre-Seigneur, touché de l’admirable patience de son serviteur, lui apparut pendant qu'il était en oraison et lui annonça que dans trois jours il parviendrait à la récompense éternelle. En effet, le troisième jour, il vit venir des pirates dont les barques entourèrent son rocher : il éleva la voix pour leur prècher Jésus-Christ, mais il fut massacré par ces barbares. On construisit au même ieu un monastère qui portait son nom, Saint-Hélier de Jersey (S. Helerius Gerseyi), et qui est aujourd’hui une ville, chef-lieu de l'ile.
Les reliques de notre Sainf furent transférées à l’abbaye de Beaubec (Bellus Beccus, Ordre de Citeaux, fondée en 1128), au diocèse de Rouen.
Acta Sanctorum, tome xt de juillet, et Propre de Coutances,
Vies DES SAINTS. — TOME VII. 25