‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 160 sur 229 · SAINT HYACINTHE, MARTYR À AMASTRIS, EN PAPHLAGONIE · texte numérisé non relu

SAINT HYACINTHE, MARTYR À AMASTRIS, EN PAPHLAGONIE

Nord avec l’Asie-Mineure et où abordaïient toutes sortes d'étrangers qui n'avaient guère d’autres divinités que leurs intérêts et leurs passions. Cependant les parents d’'Hyacinthe, qui avaient le bonheur d’être du petit nombre des fidèles, eurent soin de l’élever dans la foi et la piété chrétienne, vertus qui prirent en lui les plus grands accroissements à mesure qu’il avançait en âge. Fortifié par la grâce de Jésus-Christ, il paraissait au milieu des idolâtres de son pays comme une fleur environnée d’épines ; et sans se laisser corrompre au mauvais air du siècle, il répandait sur les autres la bonne odeur de ses vertus et s’attirait l’estime et l’affection même de ceux qui ne vivaient pas comme lui. Cependant l'intérêt qu’il prenait à la gloire de Dieu et au salut des hommes lui rendit suspect le calme où il vivait ; ce n’était pas sans douleur qu’il voyait l’aveuglement de ses concitoyens, et animé par son zèle, il visa aux moyens de les tirer de l’abîme où ils étaient plongés. Tout près de la ville d’Amastris, il y avait un arbre qui, par sa beauté, sa grandeur et son ancienneté, donnait lieu à ces idolâtres de croire qu’il renfermait en lui quelque puissante divinité. On ne se contentait pas des marques ordinaires de la vénération que les païens avaient pour les vieux chênes ou pour les autres arbres, qu’ils disaient consacrés à quelques-uns de leurs dieux ; on lui avait encore institué des sacrifices réglés et un collége de prêtres uniquement occupés de son culte. Hyacinthe qui, par sa droiture, avait acquis du crédit dans le pays, entreprit de détromper ces malheureux et commença par instruire quelques particuliers de la vérité de la religion chrétienne. Ces premiers succès lui firent espérer de réussir encore à faire connaître à la multitude des peuples idolâtres les erreurs du paganisme. Il leur fit plusieurs discours pour les convaincre de la fausseté de leurs idoles et pour leur démontrer que si le soleil, les astres, les hommes les plus parfaits et les anges même, ne pouvaient s’attribuer un culte divin, il était encore bien plus irraisonnable de le rendre à un arbre; alors il chercha à les persuader de l’unité de Dieu et à leur faire sentir le bienfait de la rédemption par Jésus-Christ.

Hyacinthe, voyant que ses sermons n’avaient pas l’effet qu’il en devait attendre, prit la courageuse résolution, assisté de quelques chrétiens, d’abattre l’arbre de la superstition, ce qu’il exécuta aussitôt qu’il trouva un moment propice. Quelle fut la surprise et l’étonnement des prêtres idolâtres lorsque, le lendemain, ils trouvèrent leur arbre renversé ! Leurs soupcons tombèrent de suite sur Hyacinthe ; ils remplirent la ville de ce’bruit et. soulevèrent la populace contre le Saint. Une troupe de furieux armés de hallebardes et de bâtons fondirent sur sa demeure, en criant qu’il fallait assommer l’ennemi de leurs dieux. Ils l’arrachèrent de chez lui avec violence, le traînèrent par les cheveux dans les rues, le chargèrent d’injures et de malédictions, et le conduisirent devant le tribunal du gouverneur de la ville, où il fut accusé non-seulement d’impiété envers leurs dieux, mais encore d’être un ennemi de la patrie, puisqu'il venait de l’exposer à toutes sortes de malheurs, en coupant l’arbre sacré par où lui venait la protection du ciel. Le juge le condamna sur-le-champ à la peine de mort; il voulut cependant, auparavant, le forcer à sacrifier aux idoles et à renoncer en même temps à la foi de Jésus-Christ. Le Saint fut appliqué à la torture, puis jeté dans un cachot où il sacrifia sa vie pour la vraie religion. Ceci arriva au commencement du 1v° siècle. Les Grecs et les Latins célèbrent sa fête le 17 juillet.

Baiïllet et Acta Sanctorum, tome 1v de juillet.

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