SAINTE MARCELLINE, VIERGE
SŒUR DE SAINT AMBROISE, ARCHEVÊQUE DE MILAN 398. — Pape : Saint Anastase. — Empereur d'Occident : Honorius.
Magna encomia virginis sunt. O virginitas, opulentia indeficiens! © virginitas, corona immnarcessibilis! O virginitas, templum Dei, et domicilium sancti Spiritus !
Quelles louanges ne mérite pas une vierge ? O virginité, tu es une fortune inépuisable, une couronne qui ne peut se flétrir! O virginité, tu es le temple de Dieu, la demeure de l'Esprit-Saint!
Saint Athanase le Grand.
Nous donnons d’autant plus volontiers le récit de la vie de cette illustre vierge, que nous avons pour témoin de ce que nous en disons un des plus célèbres docteurs de l'Eglise, saint Ambroise, son frère. Leur père se nommait aussi Ambroise. Il était préfet du prétoire des Gaules et considéré dans l'empire pour ses emplois et surtout par l'élévation et l'étendue de son esprit. Marcelline, sa fille, vint au monde sous le règne du grand Constantin; elle était l’aîinée de saint Ambroise et d’un autre frère, nommé Urane Satyre, dont il est fait mention dans les Annales sacrées, au 17 septembre. L'histoire ne nous dit point le nom de sa mère; nous savons seulement que notre Sainte en reçut une très-bonne éducation, et qu’elle vivait avec cette pieuse dame dans une maison de campagne éloignée de tous les bruits et de toutes les relations du monde. L’Esprit-Saint a inspiré de bonne heure à cette jeune vierge la résolution de n'avoir d'autre époux que Jésus-Christ; elle refusa les nombreux et nobles partis qui s’offrirent à elle pour le mariage ; elle menait la vie la plus sainte avec une pieuse compagne qui avait le même dessein et profitait de ses exemples. Après la mort de son père, elle suivit sa mère qui quitta les Gaules, et se retira à Rome où était leur famille. Elle se fit même un plaisir et un devoir, comme étant l’aînée, de se charger, en quelque façon, de l’éducation de ses deux frères, Satyre et Ambroise, le grand évêque de Milan, dont nous avons déjà parlé. Elle prit un grand soin de les instruire dans tous les principes de la religion chrétienne et de leur inspirer les maximes de la piété la plus solide, semblable en ceci à l’illustre Macrine, qui fit la même chose à l'égard de son frère, saint Basile, et ensuite de son autre frère, saint Pierre de Sébaste. Ce n’est pas une petite gloire pour notre Sainte d’avoir été, pendant quelques années, la directrice d’Ambroise, son frère, et d’avoir eu soin de son éducation dans sa jeunesse. Ce disciple lui donna toute la satisfaction possible; il profila si bien des leçons et de l’exemple de cette sainte sœur, qu’il conçut et conserva toute sa vie, à son exemple, une estime très-particulière pour la virginité, ne se lassant point de publier, en toute occasion, les avantages, les récompenses et la gloire des vierges. Il ne faut qu’ouvrir ses écrits pour voir les grands éloges qu’il leur donne, et spécialement ce qu’il en à composé dans les trois livres intitulés : De Virginibus, qu’il adresse à la sainte vierge dont nous parlons.