PAINTE SYMPHOROSE ET $ES SEPT FILS
MARTYRS A TIVOLI, EN ITALIE Vers 120. — Pape : Sixte Ier. — Empereur romain : Adrien.
Quid quæris anobis ? Parati sumus mori magis, quam Dei leges prævaricari.
Que demandes-tu de nous? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de violer les lois de Dieu. IT Mach., vix, 2.
L'empereur Adrien ayant fait bâtir, vers l'an 420, un magnifique chàteau à Tibur ou Tivoli {, l’enrichit de toutes les curiosités de l’art, que l’on y apporta de différentes provinces. Lorsqu'il le vit achevé, il en ordonna la dédicace, qui se fit avec les cérémonies usitées parmi les païens. On commença par des sacrifices, que l’on offrit dans le dessein d’engager les idoles à rendre des oracles. Telle fut la réponse des démons : « La veuve Symphorose et ses sept fils nous tourmentent chaque jour en invoquant leur Dieu ; si vous les portez à sacrifier, nous vous promettons d'écouter favorablement vos YŒUX ».
Symphorose vivait à Tivoli avec ses sept fils, et employait ses revenus, qui étaient considérables, à soulager les pauvres, et surtout les chrétiens qui souffraient pour la foi. Elle était veuve de Gétule ou Zotique, qui avait reçu la couronne du martyre avec son frère Amance, et qui est honoré le 10 juin. Après la mort de l’un et de l’autre, Symphorose enterra leurs corps. Comme elle ne désirait plus que de voir arriver le moment où elle leur serait réunie dans la gloire avec ses fils, elle se préparait continuellement à les suivre par la pratique des bonnes œuvres.
Adrien, dont la superstition avait été alarmée par la réponse de ses dieux ou de leurs prêtres, se fit amener Symphorose et ses fils. Symphorose vint avec joie, priant pour elle et pour ses enfants, et demandant à Dieu la grâce de confesser généreusement son saint nom. L'empereur leur parla d’abord avec douceur et les exhorta d’une manière pressante à sacrifier.
Symphorose lui répondit ainsi au nom de tous : « Gétule, mon mari, et son frère Amance , l’un et l’autre tribuns dans vos troupes, ont souffert divers tourments pour le nom de Jésus-Christ plutôt que de sacrifier aux idoles ; ils ont vaincu vos démons par leur mort, aimant mieux se laisser trancher la tête que de céder à vos efforts. La mort qu'ils ont soufferte à paru honteuse aux yeux des hommes ; mais elle les a comblés de gloire parmi les anges; ils jouissent présentement dans le ciel d’une vie qui ne finira jamais ».
L'empereur, changeant de voix, lui dit d’un ton sévère : « Si vous ne sacrifiez avec vos fils, je vous ferai tous offrir en sacrifice à nos dieux puissants ». — Symphorose :« Vos dieux ne peuvent me recevoir en sacrifice ; mais, si je suis brûiée pour le nom de Jésus-Christ, ma mort augmentera les tourments que vos démons souffrent dans les flammes. Pourrai-je espérer
1. Sur les bords riants de l'Anio, appelé aujnurd'hui Teverone. à seize milles de Pome.