ÉCRITS DE SAINT PHILASTRE
Nous avons de saint Philastre un Traité des Hérésies, dans lequel il en compte vingt-huit qui ont paru dans le judaïsme avant Jésus-Christ, et cent vingt-huit depuis sa naissance.
Les principales hérésies qui ont paru avant la venue de Jésus-Christ, selon saint Philastre, sont : celle des Ophites, qui adoraient le serpent, comme nous ayant donné le premier Ja connais sance du bien et du mal; celle des Caïamites, c'est-à-dire ceux qui louaient Caïn d’avoir tué son frère Abel; des Sethiens ou adorateurs de Seth, fils d'Adam; de Dosifhée, qui enseignait qu’il fallait vivre selon la chair dans la loi du Seigneur, et que cette chair ne ressusciterait point ; celle des Saducéens, qui étaient dans les mêmes principes que Dosithée touchant la chair et qui vivaient plus conformément aux maximes d’Epicure qu'à celles de la loi de Dieu; celle des Pharisiens,
qui ne regardaient Jésus-Christ que comme un homme juste ; des Samaritains, qui ne recevaient de la loi de Moïse que quatre livres seulement, et ne croyaient ni au jugement futur, ni à la résurrection ; des Nazaréens, qui faisaient consister la justice dans l’observance charnelle et à laisser croître leurs cheveux ; des Esséniens, qui vivaient dans la retraite et la mortification, mais qui ne croyaient point que le Fils de Dieu fût annoncé dans les Prophètes, et ne le reconnaissaient point pour Dieu ; celle des Héliognostes, qui adoraient le soleil comme sachant tout ce qui est en Dieu, et l’auteur de la lumière et de tous les aliments dont les hommes ont besoin ; des Adorateurs des grenouilles, des rats et des mouches; des Troglodites, espèces d’idolâtres parmi les Juifs, qui demeuraient dans des cavernes; des Fortunatiens ou de ceux qui adoraient la fortune du ciel, qu'ils appelaient reine, et à qui ils offraient des sacrifices ; il y avait encore l’hérésie des Jui}s ; des Bahalites, qui sacrifiaient à l’idole de Bahal, roi des Tyriens ; celle des Aséarites, qui immolaient à des idoles d'hommes et de femmes ; des Molochites, qui offraient des sacrifices à Moloch et avaient en vénération Rempham ; des Taphiîtes, ainsi appelés parce qu’ils sacrifiaient leurs fils et leurs filles aux démons, dans la vallée de Taphet ; des Putféonites, qui avaient les puits en vénération et metlaient dans l’eau qu'ils en tiraient l'espérance de leur salut, etc.
Le Traité des Hérésies a été imprimé plusieurs fois séparément, à Bâle, en 1528, in-80, et 1539, in-80 ; à Helmstat, en 1611 et 1621, in-40. On a ajouté dans ces trois dernières éditions un supplément au Traité des Hérésies de saint Philastre, par un auteur inconnu. Il y a, outre cela, dans celle de Bâle, de 1539, cent quatorze sentences des Pères, touchant les devoirs des vrais pasteurs de l'Eghse, et une partie de la lettre de Nicéphore Cartophilax au moine Théodose, touchant le pouvoir des clefs. Le Traité de saint Philastre se trouve aussi dans toutes les Bibliothèques des Pères, imprimées à Paris, à Cologne et à Lyon. Et depuis, il a été réimprimé à Hambourg, en 1721, par les soins du docte Fabricius, qui en a corrigé le texte et l’a enrichi de notes.
Paul Galéard donna en 1738, à Brescia, une nouvelle édition revue sur les manuscrits. Galland la ff passer dans sa Bibliothèque et la compléta. Caillau l’a reproduite dans le tome xLvI11 de sa Collection, avec quelques variantes, mais sans les notes. La même édition complète se trouve dans la Païrologie latine, tome x11, avec un meilleur ordre.
Tiré de Dom Ceillier, Histoire des auteurs sacrés et ecclésiastiques. — Cf. Godescard, Baillet.
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