‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 173 sur 229 · SAINT ARNOUL OU ARNOULT, ÉVÊQUE DE METZ · texte numérisé non relu

SAINT ARNOUL OU ARNOULT, ÉVÊQUE DE METZ

fille de Pépin I”, maire du palais, devint père de Pépin d’Héristal, qui engendra Charles Martel. Charles Martel à son tour procréa Pépin le Bref, qui fut le père de Charlemagne. C'est donc à Lay-Saint-Christophe qu ‘il faut venir pour trouver la première souche de la dynastie des Carlovingiens.

Clodulphe fut évêque de Metz, vingt-neuf ans après son père, dont il fit écrire la vie et sut imiter la Lie fl en gouverna l'Eglise, pendant près de quarante-deux ans et mourut le 8 juin 696 t.

Papole, évèque de Metz, étant mort en 643, le clergé et le peuple demandèrent Arnoul pour évêque. Le roi Clotaire l’accorda volontiers, et le modeste candidat crut devoir obéir à une volonté qu’il regardait comme celle de Dieu. Ce ne fut néanmoins qu’avec la plus vive appréhension qu'il se courba sous le joug d’une dignité si relevée. Il avait préalablement reçu le libre consentement de son épouse. Cette vertueuse femme se retira ensuite dans la ville de Trèves, où elle prit le voile de religieuse et demeura recluse jusqu’à sa mort.

Avant son ordination, Arnoul avait fait connaissance et s'était lié d'amitié avec saint Romaric qui, pour lors, était à la cour du roi Théodebert. L'auteur de sa vie raconte que, traversant un jour la Moselle sur un pont, qu’il a oublié de déterminer, Arnoul tout occupé de la grandeur de ses fautes et de la sévérité des jugements de Dieu, tira de son doigt l’anneau qu’il portait et le jeta dans le fleuve en se disant intérieurement : « Je croirai que Dieu m’a remis mes péchés lorsque cet anneau me sera rendu ».

Devenu évêque de Metz, il advint qu’un jour on lui présenta un poisson qu'il fit préparer pour son souper ; Car depuis sa promotion il s'était astreint à une continuelle abstinence. Le cuisinier ayant ouvert le poisson, trouva un anneau dans ses entrailles. Il le porta bien vite au Saint qui le reconnut pour le sien, admira les effets de La grâce et remercia la miséricorde de Dieu. Paul Warnefride, qui a écrit l’histoire des évêques de Metz, s’étonne de ce que l’auteur de la vie de saint Arnoul ait omis ce fait si remarquable « que j'ai appris », dit-il, « non d’un homme du commun, mais de la bouche même de l’empereur Charlemagne ».

Arnoul ayant résolu de déposer le fardeau de l’épiscopat et de se retirer dans la solitude, eut longtemps à lutter contre l’opposition que Dagobert apportait à sa retraite ; il parvint néanmoins à la vaincre et à faire élire Goéric pour son successeur. Il se disposaità quitter enfin Melz avec Romaric, qui l'y était venu chercher, quand un violent incendie éclata dans les caves du roi, menaçant de se propager et peut-être de ne faire de la ville qu'un monceau de Gendres. Romaric courut à la maison du saint évêque qui, comme d'ordinaire, s’occupait de la psalmodie : « Sauvons-nous », lui dit-il en lui prenant la main, « nos chevaux sont à la porte, fuyons de peur que les flammes ne nous surprennent »., — « Non, mon cher ami », répondit Arnoul, « mais conduisez-moi vers ce feu, placez-moi près des flammes, afin que si Dieu le veut, j'en sois consumé, je suis entre ses mains ». Nous le conduisimes par les mains, dit l’auteur de sa vie, et étant arrivés au lieu où le feu était le plus violent, nous nous mîmes tous en oraison avec lui : puis, nous ayant dit de nous relever, il étendit la main vers le feu et forma le signe de la croix. Aussitôt les flammes reltournèrent en quelque sorte sur elles-mêmes el ne passèrent pas plus avant; après quoi, ayant dit Matines, nous nous retirâmes.

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