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Ayant achevé de distribuer son bien aux pauvres, Arnoul partit avec son ami Romaric et se retira sur la montagne, nommée aujourd’hui le Saint- Mont, non loin de la ville de Remiremont dans les Vosges, et vécut là pendant plusieurs années avec d’autres religieux qu’il y trouva. Plus tard, il quitta sa petite communauté pour vivre en reclus, dans une cellule séparée. Enfin, augmentant sans cesse en ferveur, il se confina dans une solitude plus grande encore, et se fit ermite sur une montagne plus haute et plus isolée que le Saint-Mont, dont elle est séparée par une étroite et profonde vallée. Il faudrait, ajoute Dom Calmet, avoir vu les lieux où ce Saint, avec saint Romaric et saint Amé, ont demeuré, pour se former une juste idée de leur retraite et de leur pénitence. Ce sont des montagnes stériles, fort hautes et de très-difficile accès; couvertes de sapins, environnées de rochers et de précipices, où les neiges et les glaces demeurent pendant la plus grande partie de l’année ; éloignées de tout commerce des hommes et où les bêtes sauvages ont même peine à trouver leur pâture et un abri.
Le temps étant venu auquel Dieu voulut récompenser les travaux et la mortification de son serviteur, saint Romaric, accompagné de ses religieux, se rendit à l’ermitage de saint Arnoul. Ce pieux évêque et si fervent solitaire, s’'accusant de n’avoir jusque-là rien fait pour le ciel, se recommanda aux prières de ces bons serviteurs, puis s’endormit en paix (641). Romaric en fit apporter le corps au Saint-Mont et lui donna la sépulture. Mais un an ne s'était pas écoulé que saint Goéric, accompagné des évêques de Toul et de Verdun, le transféra solennellement à Metz.
On représente saint Arnoul : 4° portant au doigt l’anneau dont nous avons parlé ; 2° avec une armure sous sa chape épiscopale, pour rappeler sa haute naissance et sa royale postérité ; 3° entendant la confession du maire du palais d’Austrasie, Pépin de Landen, dont il était le directeur, et qui venait tous les jours, nu-pieds, demander à notre Saint l’absolution de ses fautes ; 4° portant le rational ou superhuméral, insigne de l’épiscopat ; 5° en costume d’ermite ; 6° en groupe, avec sa mère sainte Ode, sa femme sainte Dode, et son fils saint Clodulphe ; 7° éteignant par sa bénédiction l'incendie dont nous avons parlé ; 8° ayant à la main le bourdon du pèlerin, pour rappeler qu'il quitta son siége épiscopal pour se retirer dans la solitude ; 8° retrouvant, comme nous l'avons dit, son anneau épiscopal dans les entrailles d’un poisson qu’on lui servait.
Il est patron de Metz, et les habitants de ce pays l’invoquent contre l'incendie.
CULTE ET RELIQUES
Saint Arnoul fut donc inhumé à Metz, dans l’église de Saint-Jean l'Evangéliste, située extra muros, et qui était l’église d’une abbaye dont les propriétés touchaient aux murs de la ville. Cette magnifique basilique était aussi appelée l'église des Apôtres, parce qu’on y honoraït les reliques des Apôtres. Les nombreux miracles opérés au tombeau de saint Arnoul ont bientôt fait donner le nom de ce saint Evêque à l’église et à l’abbaye qui possédaient ses reliques, en sorte que l’église et l’abbaye de Saint-Arnoul sont la même chose que l’abbaye et l’église de Saint- Félix ou des Apôtres.
En 1552, lorsque Charles-Quint vint mettre le siège devant Metz, le duc de Guise, chargé de défendre la place, fit raser l’abbaye et la basilique de Saint-Arnoul, qui étaient un obstacle aux ouvrages de défense. Un autre couvent et une autre église furent offerts, en ville, aux religieux de Saint-Arnoul, et les reliques du Saint, avec beaucoup d'autres, furent solennellement transférées dans cette église, qui, de là, prit aussi le titre de Saint-Arnoul. Mais les reliques furent profanées et presque toutes perdues pendant la grande Révolution. I ne reste plus à Metz qu'un os de la téte de saint Arnoul et son anneau, reliques qui sont conservées et honorées dans l'église de la cathédrale,