‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 180 sur 229 · PREMIÈRE ABBESSE DE MARQUETTE, AU DIOCÈSE DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ABBESSE DE MARQUETTE, AU DIOCÈSE DE CAMBRAI

La bienheureuse Berthe descendait d’une noble et puissante famille du pays : elle était parente de la comtesse de Flandre, Jeanne de Constantinople. Son heureux naturel, cultivé avec soin par des parents religieux, et la bénédiction du ciel, en firent en quelques années une jeune personne accomplie. Le seigneur de Molembais, qu’elle épousa d’après le conseil de ses proches, lui fut ravi par une mort prématurée. La jevne veuve, libre alors de tout engagement, embrassa l’état religieux au monastère d'Aywières, en Brabant. Un genre de vie si nouveau pour elle ne la rebuta jamais. Elle sut se soumettre comme une simple novice aux prescriptions de la Règle et pratiquer avec une admirable ferveur tous les devoirs de sa profession.

Il y avait quelques années que la bienheureuse Berthe goûtait les douceurs de cette vie de silence et de piété, quand la comtesse de Flandre, Jeanne, ayant fondé (1226) l’abbaye de Marquette, ou Repos-Notre-Dame (Reclinatorium, Bona requies Beatæ Mariæ, Ordre de Citeaux), voulut en confier la direction à sa cousine. Il fallut faire une sorte de violence à l’humble religieuse d'Aywières pour lui persuader de se rendre aux pressantes instances qui lui étaient adressées. Dieu bénit son sacrifice. La prudence dont il l'avait remplie, sa fidélité dans l’accomplissement de tous les devoirs de sa charge, inspirèrent en peu de temps un excellent esprit aux pieuses filles qui s'étaient mises sous sa conduite. Cette maison religieuse devint véritablement l'édification de toute la contrée. Il y avait vingt ans que la bienheureuse Berthe la dirigeait avec sagesse, quand elle tomba malade et mourut au monastère d'Eparmaille, près de Bruges, qu'elle avait dû visiter (1247). Son corps, rapporté à Marquette, fut inhumé dans le couvent,

Lorsque, en 1619, Mgr Jean Dave, évêque de Namur, rédigea le catalogue des femmes saintes, vénérables et bienheureuses de son diocèse, il n’oublia point l’abbesse de Marquette, qui avait tant éditié le monastère d'Aywières où son souvenir s’est conservé longtemps.

L'abbé Destombes. — Cf. Raissius, Auct. ad Nat. SS. Belgü.

Page 1