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et quoique, par ses anciennes mortifications, elle eût déjà parfaite: 5 soumis la chair à l'esprit, elle ne laissait pas de la châtier toujours a.
contenir dans son devoir ; non-seulement elle se privait des me délicat mais elle se refusait même les aliments nécessaires. Elle entrait” * 7. SP le monastère, selon le pouvoir que le Pape lui en avait donr DAME ; SDS sa prière avec les religieuses ; elle mangeait dans leur cor 4 ra ee y a plus grand plaisir était de converser avec elles ; elle ler etat ee ee sainte ferveur à observer leur Règle et à se rendre ” a le doc et Jésus-Christ, à qui elles s'étaient consacrées. Elle av° ., . 2e POVEe . . ait cinq religieuses auprès de sa personne, avec lesquelles elle récitait Lo Lee Givin, Elle disait Matines à minuit ; le matin, dès qu’elle était J’ RAS ; ; ‘ -evée, elle assistait à une basse messe pour commencer saintement la JOUrT 4, y se AR I CE RAA e. Un peu après, elle en enten- . De de ne me , =, “iaque jour pour le repos de l’âme e son mari; ensuite elle assistalt à 4; messe solennelle du jour, et disait Tierce, Sexte et None avec ses saï”ates compägnes Après le dîner, au lieu de Se divertir, selon l’usage de la cour, elle donnait audience à toutes les personnes qui avaient recours à elle ; t est chose admirable de voir avec quellé patience elle € Ï tte : FRET e écoutaittoutesles demandes qu'on lui Re et avec quelle présence d'esprit elle y répondait : tantôt une pauvre femme lui demandait de quoi nourrir sa famille, réduite à la
Ses misère ; d autres fois on la priait de secourir de pauvres orphelins ; » une veuve implorait son assistance
s ulcérés qui exhalaient de leurs corps ; ils étaient au
dt la douleur ; elle envoyait distribuer des aumônes » CL Elle payaït le prix du rachat du Captif. Surtout elle montra bi
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re, que sa charité n'avait point de
bornes : car, les habitants de cette ville, étant réduits à une extrême disette, jusqu’à être contraints de manger les rats et les souris, la vertueuse princesse n’épargna rien pour les secourir dans un si grand besoin; elle fit acheter une grande quantité de blé et d’autres provisions qu’elle distribua libéralement à tous les nécessiteux ; et, comme la désolation était si étrange que les morts demeuraient sans sépulture, elle avait soin de les faire enterrer, envoyant pour cela, dans les rues et dans les maisons, des personnes auxquelles elle fournissait abondamment toutes les choses nécessaires pour les ensevelir. Les officiers de sa maison, appréhendant, par une prudence humaine, que la dépense excessive qu’elle faisait ne la réduisit elle-même à l’indigence, lui remontrèrent qu’il était à propos de la modérer pour ne pas s’exposer à cet inconvénient. Mais, bien loin de goûter leurs raisons : «Vous ue pouviez », leur dit-elle, « me tenir un discours qui me fût plus désagréable ; est-ce que vous voulez borner mes charités, parce que vos cœurs sont rétrécis par une vaine crainte de manquer du nécessaire ? Etes-vous si faibles de croire que Dieu nous abandonnera lorsque nous employons tout ce que nous avons pour secourir notre prochain ? N'est-ce pas lui qui gouverne le monde et qui, par sa Providence, y cause les événements que nous voyons arriver ? Voilà une belle imagination de se persuader que nous périrons si nous continuons de faire la charité à nos frères qui meurent de faim, et, au contraire, que nous vivrons, si, par une cruauté impitoyable, nousles laissons périr de misère. Ne savez-vous pas que Jésus-Christ nous a défendu de nous occuper du lendemain ? Souvenez-vous qu’il nous a assuré qu'il aurait bien plus soin de nous que des lis de la campagne et des oiseaux du ciel, qui, cependant, ne manquent jamais de rien. Non, je ne puis entendre les gémissements de tant de pauvres mères de famille, et les voix des petits enfants, ni voir les larmes des vieillards et les corps morts de tant de perspnes, sans employer les biens que Dieu m’a donnés à subvenir à tous ces besoins. Bannissez donc cette crainte de vos cœurs, ayez bon courage, mettez votre confiance en Dieu, et n’épargnez nullement mes trésors pour assister les misérables ». Peut-on ajouter quelque chose à une charité si pure, si éclatante, si constante et si universelle ?
Quand les fonctions de la charité lui donnaient quelques moments de relâche, elle les employait à la contemplation des choses célestes, se retirant dans un cabinet secret, où elle ne pouvait être vue ni entendue de personne ; et là, elle donnait toute liberté à son cœur de soupirer, et à ses yeux de verser des larmes ; elle ÿ passait souvent une bonne partie de la nuit. D’autres fois, elle allait visiter l'hôpital qu’elle avait fait bâtir en l'honneur de sainte Elisabeth, reine de Hongrie, et y servait elle-même les pauvres. Elle s’entretenait familièrement avec eux, les exhortait à la patience dans leur misère, et, après avoir adouci leurs maux par ses paroles pleines de tendresse et d’une certaine onction céleste, elle les levait, faisait leurs lits, leur préparait des mets à la cuisine, et puis, comme une servante, les leur apportait. Les visages pâles des malades ne l’effrayaient point; la puanteur des ulcères ne la rebutait point ; la crainte de gagner leurs maux ne l’inquiétait point ; enfin, sa dignité de reine ne l’empêchait point de se livrer aux plus vils ministères de l’hôpital. C'est dans ces saintes pratiques qu’Elisabeth passait le reste de ses jours, en attendant qu’arrivt l'heure de paraître devant son Dieu. Les grandes grâces qu’elle avait reçues dans son pèlerinage de Saint-Jacques lui firent entreprendre encore une fois ce voyage, afin d'obtenir de ce‘grand Apôtre de nouvelles faveurs pour bien mourir : ce fut une année avant sa mort, à l’occasion d’une indulgence plénière
extraordinairement accordée aux pèlerins de ce saint lieu ; mais ce ne fut pas avec la suite et l'équipage d’une reine, comme la première fois : elle se revêtit d’un pauvre habit pour n'être pas reconnue, et se fit seulement accompagner de deux femmes. Elle le fit à pied, chargée de son petit bagage, comme les personnes de la plus vile condition, quoiqu’elle eût alors soixantequatre ans, et que ce fût durant les plus grandes chaleurs de l'été ; et, enfin, elle ne fit point difficulté de demander l’aumône de porte en porte, pour recevoir la subsistance de la charité des fidèles. Humilité prodigieuse ! qui devrait confondre la délicatesse de certaines femmes qui reculent devant la moindre incommodité, et n’osent faire un pas sans être tout à fait à leur aise.
A son retour de ce pèlerinage, on vint lui annoncer qu’Alphonse IV, roi de Portugal, son fils, et Alphonse XI, roi de Castille fils de sa fille, étaient brouillés ensemble, et que leur querelle, si elle n’était promptement étouffée, menaçait de mettre ces deux royaumes en combustion. Cette nouvelle était capable de la faire mourir de douleur ; mais, comme il ne fallait pas différer d'apporter remède à un mal si pressant, n’ayant point égard à la caducité de son âge, elle se rendit promptement à Estremoz, où était alors le roi, son fils, prêt à se mettre en campagne contre son neveu : elle voulait lui arracher des paroles de paix et aussitôt passer en Castille, pour y achever ce grand ouvrage auprès du'roi, son petit-fils. Mais elle ne fut pas plus tôt arrivée à Estremoz qu’elle tomba malade. Elle vit que cette fièvre la conduirait au tombeau. Comme le mal n’était pas fort violent, elle ne laissait pas d’assister tous les jours au service divin, selon sa coutume; mais, lorsque le danger fut extrême, après avoir fait son testament en présence du roi et de la reine Béatrix, sa bru, elle ne voulut point différer de recevoir le Viatique. Pour cet effet, elle fit préparer un autel hors de sa chambre et y fit célébrer le sacrifice auguste de la messe, et, quand il fut temps de communier, elle se leva elle-même de son lit, sa ferveur lui donnant assez de force pour se soutenir, se revêtit de son habit de pénitente du Tiers Ordre de Saint-François, et, toute moribonde qu’elle était, sans l’aide de personne, mais, fortifiée seulement de la grâce de Dieu, elle s’alla jeter à genoux au pied de l’autel : là, fondant en larmes, et jetant des soupirs de dévotion, qui touchèrent sensiblement tous les assistants, elle reçut la sainte Eucha-
ristie. Elle en usa ainsi par le sentiment d’une profonde humilité et d’un singulier respect envers Jésus-Christ, ne croyant pas devoir souffrir qu’on le lui apportât dans sa chambre, tant qu’elle aurait la force de l’aller chercher elle-même au pied des autels. Ce qui est plus admirable, et fait voir la grandeur de son courage, c’est qu’elle fit ces pieux efforts le jour même qu’elle mourut. Enfin, sur le soir, après avoir entretenu le roi, son fils, pour le porter à faire la paix avec le roi de Castille, elle rendit son âme à Dieu, en implorant le secours de la sainte Vierge, qui lui était apparue, accompagnée de sainte Claire et d’autres saintes religieuses, et en récitant le symbole des Apôtres. Ce fut le 4 juillet de l’an de Notre-Seigneur 1336, qui était la soixante-cinquième de son âge.
On peint sainte Elisabeth de Portugal soignant les pauvres malades ; en costume de franciscaine, assistant aux funérailles du roi, son mari; en Costume de reine, foulant à ses pieds la couronne terrestre; portant un broec, pour rappeler que l’eau qu’on lui apporta se changea en vin, car les médecins lui ayant ordonné d'abandonner au moins pour un temps l’austérité de sa vie ordinaire, elle n’en continuait pas moins à ne boire que de l’eau, lorsque le ciel lui-même intervint par un miracle en faveur des dis-
ciples d’'Hippocrate ; on lui attribue, comme à sainte Elisabeth de Hongrie, sa grand’tante, le miracle des pièces de monnaie changées en fleurs. Notre Sainte est particulièrement honorée à Saragosse, Estremoz, Coïmbre et dans tout le Portugal.
CULTE ET RELIQUES
‘Son corps fut porté depuis Estremoz jusqu'à Coïmbre, pour y être inhumé dans le monastère de Sainte-Claire, où, par son testament, elle avait choisi sa sépulture. Il en sortait une espèce de parfum très-agréable, qui dura jusqu’à ce qu’il fut mis en terre.
Les peuples vinrent en foule à son tombeau pour la prier de leur continuer auprès de Dieu, les effets de la bonté qu’elle leur avait toujours témoignée sur la terre. On ne put les empêcher de l’honorer publiquement comme sainte; et ce culte, sans être autorisé des supérieurs, ne fut pas condamné. Le pape Léon X permit le premier, à la sollicitation de Don Emmanuel, roi de Portugal, qu'on honorât publiquement sa mémoire dans la ville et le diocèse de Coïmbre, à la messe et dans l'office divin le jour de sa mort. Depuis ce temps, le pape Paul IV accorda au roi Jean HE, fils d'Emmanuel, que cette commémoration se ferait par tout le royaume de Portugal.
L'an 1612, le corps de la Sainte fut trouvé encore entier, enveloppé d’un drap de soie, dans un coffre de bois couvert de cuir, que l’on avait renfermé dans un tombeau de marbre. Alphonse, évèque de Coïmbre, fit construire, en son honneur, une riche chapelle, avec une grande châsse d'argent d’un travail admirable, pour y mettre une si précieuse relique; et, la mort ne lui ayant pas permis d’en faire la translation, outre les douze mille écus d’or qu'il avait déjà employés à cet acte de religion, il en laissa encore trente mille pour faire travailler au procès de la canonisation de notre Sainte, qui fut faite enfin par Urbain VII, le 25 mai 1625, à l'instance du roi catholique Philippe IV, et de la reine Elisabeth de France, son épouse. En 1630, le même Pape permit à toute l'Eglise d’en faire l’office semi-double, mais sans précepte, ordonnant seulement, que dans les lieux où l’on en aurait la dévotion, on eût soin de la nommer la première dans le martyrologe, au quatrième jour de juillet. En 1695, l'office fut déclaré de précepte par le pape Innocent XII, et transporté au 8 juillet.
Nous avons tiré cette vie de celle que le R. P. Hilarion de Coste, religieux de l'Ordre des Minimes, composa en latin, un an après qu'elle fut canonisée, — Cf. Godescard, et Acta Sanctorum.