‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 197 sur 229 · CULTE. — ÉCRITS · texte numérisé non relu

CULTE. — ÉCRITS

Les Grecs font la fête de notre saint prophète le 47 décembre ; ce qui s’observe aussi parmi les Russes ou Moscovites qui suivent leur rite, Les Latins ont varié assez longtemps sur le jour qu'ils devaient assigner au culte de Daniel. On le trouve marqué au 40 avril dans quelques martyrologes de ceux qui portent le nom de saint Jérôme, mais ce ne sont pas les plus anciens. Bède, qui semble être le premier qui lait inséré dans les fastes de l'Eglise d'Occident, l’a mis au 21 juillet, ce qui à été suivi par le Romain moderne. Pierre Natal marque sa mort, non à Babylone, mais dans la Médie, et dit qu’il fut enterré dans la grotte ou le tombeau des rois.

La prophétie de Daniel est. divisée en quatorze chapitres ; son nom ne paraît pas à la tête de ses écrits ; mais ce prophète s’y nomme en tant d’autres endroits et s’y désigne d’une façon si particulière, qu’on ne peut douter qu'il n’en soit le véritable auteur. Aussi ne voyons-nous pas qu'au cun des anciens auteurs, soit juifs, soit chrétiens, les lui ait jamais contestés.

Le livre de Daniel comprend l’histoire de ce qui se passa de plus mémorable pendant quatrevingts ans, depuis la troisième année du règne de Joachim, roi de Juda, jusqu'à la troisième de Cyrus, roi des Perses. On y voit la prise de Jérusalem, la profanation du temple, la captivité des Juifs, le châtiment que Dieu exerça sur Nabuchodonosor, et la mort funeste de Balthasar, son petit-fils. Les successions des monarchies y sont marquées avec tant de netteté, qu’Alexandre le Grand étant allé à Jérusalem avant la conquête de la Perse et s'étant fait apporter, par le grand prêtre Jaddus, le livre de Daniel, ne douta point que ce ne fût de lui que se devait entendre ce qui est dit dans le chapitre vis, que le roi des Grecs devait détruire l'empire des Perses et des Mèdes. Ce qu’il y a de plus remarquable dans cet ouvrage, c'est que l’on y trouve des témoi- ‘gnages très-clairs de Jésus-Christ. « Car il n'écrit pas seulement », dit saint Jérôme, « que le Messie viendra, ce qui lui est commun avec le reste des Prophètes, mais il marque encore le temps auquel il viendra ; il met les rois dans leur ordre, compte les années et en annonce par avance les signes très-manifestes ». C'est, ajoute ce Père, ce qui a porté Porphyre à écrire un volume entier contre le livre de Daniel, « où il nie que ce livre ait été composé par celui dont il porte le nom, et croit qu'il l'a été plutôt par quelqu'un qui vivait en Judée du temps d'Antiochus, surnommé Epiphane ; car le Prophète y parle avec tant de certitude, qu’il ne semble pas aux hommes les plus incrédules avoir prédit des choses futures, mais en avoir raconté des passées ». Le style de Daniel n’a rien de sublime ; mais la grandeur des choses dont il parle relève beaucoup son discours. Le premier chapitre et le commencement du second sont écrits en

hébreu. La suite, depuis le verset cinquième du second chapitre, jusqu'au huitième, est en chaldéen, quoique en caractères hébraïques. Le reste du livre est en hébreu, excepté les histoires de Suzanne, de Bel et du Dragon, que nous n’avons qu’en grec, de la version de Théodotion, aussi bien que les versets 24, 25 et les suivants jusqu’au 94e, du chapitre 111, qui renferment les cantiques des trois jeunes hommes dans la fournaise.

Le don que Daniel avait recu pour l'interprétation des songes a donné lieu à quelques imposeurs de mettre son nom à la tête de plusieurs écrits qu'ils avaient composés sur cette matière. Mais l'Eglise ne reçoit point d'autre livre de ce Prophète, que celui que nous lisons dans nos Bibles.

Nous nous sommes servi, pour composer cette biographie, de l'Æistoire des Saints de l'Ancien Testa-— ment, par Baillet; des Femmes de la Bible, par Mgr Darboy ; et de l'Histoire des auteurs sacrés et ecclé= siastiques, par Dom Ceillier.

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