Pape : Saint Soter. — Empereur romain : Marc-Aurèle
Sola virtus comes est defunctorum, sola sequitur misericordia.
La vertu seule accompagne les morts, seule la Cha= rité les suit.
S. Ambroise, Lib. vir sup. Luc
Cette sainte Vierge était fille de Pudens, un des premiers sénateurs de Rome, et de Sabinilla, son épouse, dame très-illustre. Elle avait deux frères, Novat et Timothée, et une sœur nommée Pudentienne, tous grands serviteurs de Dieu et reconnus pour Saints dans l'Eglise, comme nous l’avons déjà remarqué dans la vie de sainte Pudentienne, au 49 mai, où nous avons dit que ce fut le Prince des Apôtres qui instruisit dans la foi cette noble famille, et qui les reçut tous au nombre des fidèles.
Praxède fit bientôt voir avec quel esprit elle avait embrassé la religion chrétienne : elle commença dès sa jeunesse à pratiquer continuellement l’oraison, les veilles, les jeûnes et toutes sortes de mortifications, et ne quitta ces exercices qu'avec la vie. Sa charité fut admirable : elle consacra tout son bien au secours des pauvres, particulièrement de ceux qui souffraient pour la défense de la foi. Allant dans les prisons visiter ces précieuses victimes de Jésus-Christ, elle les servait dans leurs maladies, et pansait elle-même leurs plaies. Praxède les animait à souffrir avec constance ; elle allait recueillir leur sang, quand ils étaient dans les supplices ; enfin, elle prit uñ soin particulier, avec sa sœur Pudentienne, d’enlever secrètement tous les corps des Martyrs qu’elle pouvait avoir pour les enterrer dans un endroit de leur maison, où se trouve aujourd’hui une église qui‘porte le nom de Sainte- Pudentienne, au milieu de laquelle on voit le trou par où on les descendait. Cette même maison était ouverte à tous les fidèles. Comme les empereurs défendaient , sous les plus grandes peines , aux chrétiens de s’assembler, ils venaient en secret chez ces saintes vierges, pour y faire leurs prières, y entendre la messe et y recevoir la sainte communion : elle leur était le plus souvent donnée de la main des Papes, qui se retiraient aussi en ce lieu au plus fort de la persécution.
1. Dans l'ancien Quercy (Guyenne) on la nomme sainte Pérussette,