‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 204 sur 229 · CULTE ET RELIQUES. — ABBAYE DE SAINT-VICTOR · texte numérisé non relu

CULTE ET RELIQUES. — ABBAYE DE SAINT-VICTOR

Avant la Révolution de 1793, la ville de Marseille possédait presque entier le corps de l'illustre martyr saint Victor; une grande partie de ses ossements était conservée dans la cathédrale. L’abbaye de Saint-Victor gardait sa tête renfermée dans un très-riche reliquaire.

La Révolution a privé Marseille de presque toutes ces reliques. Il n’y reste plus que deux ossements de la jambe de saint Victor ou de ses compagnons, martyrs à Marseille. Ils furent replacés dans l’église de l'antique abbaye par M. de Clapiers, curé de Saint-Victor, à la réouverture des églises. On les possède encore. Ils sont aujourd'hui enfermés dans une petite châsse placée audessus de l'autel dédié à saint Victor. À côté de ces reliques se trouve un globe de cristal contenant de la terre teinte du sang de saint Victor.

Un mot maintenant sur le pied droit qui fut coupé au saint Martyr par ordre de l'empereur Maximien. Le pape Urbain V, qui avait été abbé de Saint-Victor de Marseille et qui possédait cette précieuse relique, en fit don à Jean, duc de Berry et frère de Charles V, roi de France. Ce prince, à son tour, la donna à l’abbaye de Saint-Victor de Paris, où elle a été conservée jusqu’à la Révolution, À cette époque désastreuse, elle fut sauvée de la profanation, et elle se trouve maintenant dans l’église de Saint-Nicolas du Chardonnet. Le pied est entier, recouvert de sa peau et sang aucune marque de corruption : il est seulement desséché.

L'abbaye de Saint-Victor-les-Paris, communauté royale de Chanoines réguliers, fut une pépinière de saints, de savants, de grands hommes. Les seuls Hugues, Richard, et Adam de Saint- Victor suffisent pour en immortaliser la gloire dans l'Eglise. Bien d’autres, après eux, jusqu’au poëte Santeuil, chanoine de Saint-Victor, ont illustré ce monastère, sanctuaire de la sainteté et de la science, dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par des magasins de vins. L'église a été démolie, les tombeaux qu’elle renfermait profanés, et les reliques dispersées.

La prison, sanctifiée par la caplivilé de saint Victor, existe encore dans un état de conservation suffisant, au fond d’une galerie voûtée qui sépare de grandes salles de construction romaine, qu'on appelle vulgairement caves Saint-Sauveur, parce que le couvent de Saint-Sauveur, à la place de Linche, a été bâti au-dessus de ces constructions en grand appareil romain.

Une partie de ses reliques donna naissance, en 1051, au monastère de Saint-Victor l'Abbaye, au diocèse de Rouen. La châsse qui contient ces précieux restes est encore portée en ce lieu chaque année en procession.

L'antique récit du martyre de saint Victor, recueilli par Dom Ruinart, a été mis en français par Drouet de Maupertuy, revu et publié par les RR. PP Bénédictins de la congrégation de France. Il est si beau dans ses moindres détails, que nous avons cru devoiz: le substituer à l'abrégé du P. Giry. Nous nous sommes aussi servi de la Vie de saint Viclor, par M. l'abbé Bayle ; et de Notes locales fournies par M. le curé de Saint-Victor. — Cf. Godescard, Paillet, ‘Acta Sanclorum, ete.

SAINT ANTIMOND, APÔTRE DES MORINS. d13

Page 1