SAINT SALVIEN
PRÊTRE DE MARSEILLE ET CONFESSEUR (v° siècle).
On croit que Salvien naquit à Cologne ou dans quelque autre lieu de la Gaule-Belgique peu éloigné de cette ville. On ne sait s’il était né de parents chrétiens ou s’il dut à d’autres les lumières de la foi dont il plut à Dieu d'éclairer son âme; mais il est certain qu’il les avait déjà reçues et qu'il se distinguait par sa vertu et sa piété lorsqu'il fut engagé dans le mariage. On lui fit épouser une personne de mérite, mais encore païenne, nommée Palladie. Il se trouvait dans le cas où saint Paul recommande à celui des époux qui est fidèle de travailler au salut et à la sanctification de l’autre, s’il est encore dans l’état de l'infidélité. Ce fut pour satisfaire à cette obligation qu'il sollicita sa femme d’embrasser la foi de Jésus-Christ ; ce qu’il obtint.
S’étant retiré à Marseille, il entra dans la cléricature et son mérite le fit élever à la prêtrise. Il acquit dès lors une si grande réputation que saint Eucher, de Lyon, lui confia l'éducation de ses deux fils, qui devinrent évèques l’un et l’autre. Les prélats, ses contemporains, le consultaient comme un excellent maître en théologie, et saint Hilaire d’Arles lui décerna publiquement des éloges que la postérité a ratifiés. Tout le monde sait le cas que faisait Bossuet de la principale œuvre de Salvien : De Gubernatione Dei et de justo Dei præsentique judicio. L'éloquent prêtre de Marseille s'élève dans cet ouvrage à une hauteur de vues qui en ont fait, avec saint Augustin dans sa Cité de Dieu, le père de cette admirable philosophie de l'histoire qui a immortalisé Bossuet.
« Lorsque autrefois les peuples barbares du Nord fondirent sur les provinces de l'empire romain », dit Frayssinous, « et qu'ils y causèrent tant de ravages au milieu des nations catholiques des Gaules, des Espagnes et de l'Italie, il arriva que les chrétiens, faibles dans leur foi, furent tentés de demander comment il se faisait que le peuple fidèle devint ainsi la proie de l’erreur et de l'infidélité. Salvien, éloquent prètre de Marseille, crut devoir prendre la plume pour arrêter ces manœuvres et venger la Providence dans un ouvrage que nous avons encore ».
Les œuvres de Salvien ont été rééditées plusieurs fois, mais il serait grandement désirable qu’elles fussent popularisées par des extraits ou des traductions. C’est à tort que quelques anciens annalistes, Baronius entre autres, en ont fait un évêque de Marseille,
Tiré de Baillet et de Dom Ceillier,