‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 22 sur 229 · MARTYRISÉ DANS LA SOLITUDE DE VATAN EN BERRI · texte numérisé non relu

MARTYRISÉ DANS LA SOLITUDE DE VATAN EN BERRI

Laurien, né en Pannonie sur les bords du Danube, de parents idolâtres, fut amené de bonne heure par son oncle dans la ville de Milan, où il reçut la foi avec les éléments de la doctrine chrétienne. Devenu diacre de cette Eglise, il attaqua l’arianisme avec tant de talent et de succès, que le prince arien qui régnait alors en Italie le contraignit de sortir de ce pays.

Parti de Milan, il arriva, après différentes pérégrinations, à Séville, où l’évêque le reçut avec bienveillance et le fit son coopérateur; après sa mort il fut élu d’une commune voix pour lui suc céder. Mais les persécutions et les menaces des Ariens à qui il reprochait leurs erreurs le forcèrent bientôt à la retraite ; il se réfugia à Rome. Une voix céleste l’avertit de venir en Gaule; après avoir vénéré le tombeau de saint Martin, évêque de Tours, il vint dans la petite ville de Vatan (Indre), dans le Berri.

Dès que le roi arien d'Italie apprit que Laurien était venu en Italie, et qu’ensuite il était passé en Gaule, pour y travailler dans l'intérêt de la religion, il envoya des sicaires qui, s'étant mis sur les traces du Saint, le surprirent dans le lieu de sa retraite et lui coupèrent la tête. Son chef fut porté à Séville, et procura le salut de ce pays, affligé du fléau de la sécheresse depuis sept années consécutives. À peine la relique sainte fut-elle présente sur cette terre désolée, que des torrents de pluie l’inondèrent, et que les autres fléaux qui la désolaient depuis le départ du saint évêque cessèrent tout à coup.

Le tronc du saint Martyr, d'abord abandonné dans une caverne, fut enseveli, par Eusèbe d’Arles, d’après un avis céleste, au lieu même où s’élève l’église que l’on appelle chapelle de Saint-Laurien, à deux milles de Vatan. Ses reliques reposèrent en cet endroit jusqu’à ce que, pour les mettre en un lieu plus convenable, on les transféra dans l’église mème de Vatan, alors dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul, et qui le fut plus tard au bienheureux Laurien. Cette translation fut accompagnée de nombreux miracles. Les Calvinistes brülèrent les reliques de saint Laurien. On n’en a conservé que quelques parcelles qui sont dans l’église de Vatan.

On le représente : 40 décapité et remettant sa tête à ses plopres bourreaux pour qu'ils la portent à Séville; 20 un lis à la main, peut-être pour rappeler qu'il demeura pur au milieu de l'idolâtrie de son pays et des erreurs des Ariens.

Ii est patron de Séville.

Propre de Bourges.

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