‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 23 sur 229 · FONDATEUR DE SAINT-BENOÎT DE SEYSSIEU · texte numérisé non relu

FONDATEUR DE SAINT-BENOÎT DE SEYSSIEU

Aurélien naquit dans la province de Lyon : son père portait le même nom que lui, et sa mère l’appelait Adalsone. Admis, dès sa jeunesse, à suivre la carrière ecclésiastique, il devint d'abord archidiacre d’Autun et fut ensuite élu abbé du monastère d’Aisnay, au confluent du Rhône et de

la Saône. Aisnay ou Ainay (Afhenacum) était une abbaye de l'Ordre de Saint-Benolt, située antrefois hors des murs de Lyon et est renfermée aujourd'hui dans son enceinte. L'une des plus anciennes des Gaules, elle florissait déjà l'an 534, lorsque le royaume de Bourgogne fut réuni à la France. Ce lieu d’Aéhenacum était devenu célèbre comme le théâtre où les illustres martyrs de Lyon, que saint Grégoire de Tours appelle Afhenacenses, souffrirent la mort sous Marc-Aurèle, au 1e siècle. Les corps de ces glorieux confesseurs de la foi, jetés, par un ordre barbare, dans le Rhône, furent recueillis par les fidèles et placés sur l'autel d'une vaste basilique qu’ils construisirent en leur honneur. Plus tard, on joignit à cette basilique un insigne monastère sous le vocable de saint Martin. Ravagée par les barbares, Aurélien y rétablit des moines et lui rendit sa première splendeur 1.

Quelque temps après, Aurélien eut le gouvernement des abbayes de ‘Saint-Claude (Jura) et de Nantua (Ain). C’étaient deux illustres et anciens monastères de Bénédictins. Ce ne fut point l’appât de la fortune ou l'ambition, mais le seul intérêt de ces maisons religieuses qui l’engagèrent à accepter ces fonctions nouvelles. Au bout de dix ans, il s’en démit pour aller fonder l’abbaye de Seyssieu. C'était l'an 859. Il la plaça sur le Rhône, à quatre lieues de Belley, et la mit sous l’invocation de saint Benoît et des saints martyrs Florentin et Hilaire. L'an 878, il reçut dans cet asile les religieux de Saint-Maur des Fossés, près Paris, qui cherchaient un refuge contre la fureur des Normands.

Cependant, la haute réputation de vertu d'Aurélien l'avait fait monter, dès 875, sur le siége métropolitain de Lyon, vacant par le décès de saint Remy. Il se trouva en juin ou juillet 876, au concile tenu à Ponthion (Marne) par Jean de Toscanella, Jean d’Arezzo et Anségise, de Sens. En 878, il assista à celui de Troyes, présidé par le pape Jean VIN, et y prit plusieurs fois la parole.

On place communément le jour de sa mort en 895, mais on ne s'accorde pas sur le jour précis de son décès. Le néerologe de l'Eglise de Lyon, que nous avons suivi, le marque au 4 juillet.

Cf. Fisquet : La France Pontificale.

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