LE BIENHEUREUX ROSTANG II DE CAPRE, ARCHEVÊQUE D'ARLES
glissé un abus par rapport au baptême des enfants. Les parrains étaient obligés, suivant cet abus, de leur faire des présents considérables, à eux et à leur mère, d’où il arrivait que la difficulté de trouver des parrains était cause que beaucoup d’enfants mouraient sans baptême. C’est cet abus que le concile condamne ici, en statuant que les parrains ne donneront qu’un habit blanc aux enfants qu’ils tiendront sur les fonts baptismaux. Le dixhuitième canon ordonne l’observation des statuts des conciles précédents.
Le 11 octobre de cette même année 1288, Bertrand de Baux, comte d’Avellino, lui rendit hommage pour le château de Trinquetaille, que Rostang acheta le 43 août 1300. Le pape Boniface VIII, qui faisait un grand cas du mérite de l’archevêque d’Arles, le chargea, avec Guillaume de Mandagot, archevêque d'Embrun, d'accompagner, en mai 1295, en Catalogne, Charles, roi de Sicile et comte de Provence, et de l’assister de ses conseils. Les deux légats parvinrent à cimenter la paix entre ce prince et le roi Jacques d Aragon.
La vie privée de Rostang de Capre était une leçon publique de modestie, de continence et de piété. Tout ce qui pouvait sentir le luxe du siècle était banni de sa maison. Il passait la plus grande partie de la nuit à la prière, et employait presque tous ses revenus à augmenter les biens de son Eglise. C’est à sa munificence que les archevêques d’Arles durent la construction du château de Salon et l’acquisition de plusieurs terres à Mondragon. Il fonda dans son église métropolitaine la chapelle des saintes Marie, Jacobé et Salomé. Le 20 avril 1303, il permit l'érection de la pieuse confrérie des Pelletiers et des Couturiers, qu’il plaça sous le patronage de Notre-Dame des Alyscamps.
Après dix-sept années environ d’épiscopat, Rostang de Capre alla recevoir au ciel la récompense de ses travaux et de ses vertus. La mort le ravit à ses diocésains affligés, le mardi 93 juillet 1303. Les fidèles, en apprenant son décès, accoururent en foule pour vénérer ses restes. Les vêtements et le linge qu’il avait portés furent recherchés comme autant de précieuses reliques. On l’inhuma, suivant ses désirs, sous l’autel de la chapelle qu’il avait fait ériger en l’honneur des saintes Maries, dans la cathédrale d'Arles, et où son corps fut découvert lorsque l’un de ses successeurs, Gaspard du Laurens, consacra cette chapelle aux rois Mages.
Le nom de Rostang de Capre se lit dans la plupart des martyrologes, ainsi que dans l’ancien Bréviaire d’Arles, avec la qualification de bienheureux, à la date du 93 juillet.
Ce fut sous l’épiscopat de Rostang et vers le milieu de l’année 1290, que les Bénédictins de Montmajour, violemment expulsés par les Antonins du prieuré de la Mothe-Saint-Didier ou de Saint-Antoine de Viennois, revinrent à Arles apportant avec eux les précieuses reliques du patriarche saint Antoine, qu ’ils déposèrent avec respect dans la grande église de l’abbaye de Montmajour. Ces reliques comprenaient le corps entier du Saint, à l’exception seulement d’une partie d’un bras qui en avait été détachée, il y avait un peu plus d’un siècle, et mise dans un reliquaire séparé pour l'Eglise de Vienne.
Rostang de Capre avait pour armoiries : de gueules, à une chèvre saillante d'argent, surmontée d’une fleur de lis d'or. Le mot Cabra, en provençal, signifie chèvre.
Gallia christiana nova, par Tisquet ; et Votes dues à l'olligeance de M, l'abbé Trichaud, supérieur des Dominicains de Mazan (Vaucluse). , £
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