SAINT ISAIE, LE PREMIER DES QUATRE GRANDS PROPHÈTES ET MARTYR
Vers 715 avant Jésus-Christ. — Roi de Juda : Manassès.
On ne doit pas tant regarder Isaïe eomme un pro phète que comme un évangéliste, car il a parlé avec tant de clarté des mystères de Jésus-Chriss et de son Eglise qu'il paraît moins annoncer des choses futures que raconter des événements passés,
S. Jérôme, Æloge du prophète Isaïe,
Isaïe, le premier des quatre grands Prophètes, était de la tribu de Juda et du sangroyal de David, d’après la tradition des Hébreux. Son père Amos, différent du Prophète de ce nom, était fils de Joas, roi de Juda, et frère du roi Amasias. Sa manière d'écrire, noble et élevée, a fait juger à quelques anciens qu'il avait reçu une éducation convenable à la grandeur de sa naissance. Il épousa une femme à qui il donna lui-même le nom de prophéesse, et il en eut deux fils dont les noms sont figuratifs : le premier, Scar- Jasub, c’est-à-dire le reste reviendra, marquait, selon les interprètes, que les captifs qui devaient être amenés à Babylone, en reviendraient après un certain temps. Le second, Chas-Bas, qui signifie hdtez-vous de ravager, semblait annoncer que les royaumes d'Israël et de Syrie seraient bientôt ravagés.
Isaïe était encore jeune iorsqu’ii commença à prophétiser, et il le fit pendant fort longtemps. Il nous apprend lui-même qu'il annonça les oracles de Jéhovah sous le règne de quatre rois de Juda : Ozias, Joathan, Achaz et Ezé. chiel, ce qui fait un espace de plus de cent ans. Mais nous croyons, avec saint Jérôme, qu'il ne commença à prophétiser que la vingt-cinquième année du règne d’Osias, près de huit cents ans avant Jésus-Christ.
Ce fut l’année même de la mort de ce prince que notre saint Prophète eut la céleste vision de la Majesté divine sur le trône de la gloire, dont il nous a laissé la description en ces termes : « Je vis le Seigneur assis sur un trône fort élevé ; sa robe remplissait la vaste enceinte du temple. Les rangs pressés des Séraphins formaient autour de ce trône comme une haie impénétrable ; ils avaient chacun six ailes : deux dont ils voilaient leur face, deux dont ils couvraient leurs pieds, et deux autres qui leur servaient à voler dans limmensité du temple. Leurs voix mélodieuses se confondaient dans de sublimes accords, et je distinguais ces paroles : Saint, saint, saint est le Seigneur, le’ Dieu des armées : la terre est toute remplie de sa gloire. Tout à coup la porte du céleste édifice fut ébranlée par le retentissement de ces voix formidables et son enceinte remplie de fumée. Je dis alors : Malheur à moi qui me suis tu, parce que mes lèvres sont impures, et que j'habite au miliou d'un peuple qui a aussi les lèvres souillées. En même temps, l’un