‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 36 sur 229 · SAINT GERVAIS, DIACRE ET MARTYR AU CHALONNAIS · texte numérisé non relu

SAINT GERVAIS, DIACRE ET MARTYR AU CHALONNAIS

CULTE ET RELIQUES. — ÉCRITS

La tradition constante des Juifs et des chrétiens, affirme Dom Calmet, est que le corps d’Isaïe fut enterré près de Jérusalem, sous le chéne du foulon, près de la fontaine de Siloé, d'où il fut transféré à Panéade ou Césarée de Philippes, vers les sources du Jourdain, dans la basilique de Saint-Laurent, et de là à Constantinople, sous le règne de Théodose le Jeune, l'an 442 de Jésus- Christ. D'après Mgr Mislin, entre la piscine supérieure et la piscine inférieure de Siloé se trouve un pelit tertre qui sert de lieu de prière aux musulmans ; un arbre fourchu, qui est au milieu, marque aux fidèles l'endroit où le plus illustre des Prophètes a été martyrisé.

Isaïe est le plus éloquent des Prophètes, et avec David le plus sublime des poëtes qui aient jamais paru. Contemporain d'Homère qui a toute la pureté de la langue grecque, Isaïe a toute celle de la langue hébraïque unie à une énergie de pensée et à une magnificence de langage incomparables. Saint Jérôme dit que ses écrits renferment tout ce qui est contenu dans les Ecritures, et qu'on y trouve toutes les connaissances dont l'esprit humain est capable : la philosophie naturelle, la morale et la théologie.

Le titre que nous lisons à la tête des prophéties d’Isaïe prouve clairement qu’ii ne les rédigea que sur la fin de sa vie ou du moins qu'il n’y mit ce titre qu'après l'ouvrage achevé ; car, lorsqu'il commença à prophétser, sous le règne d’Ozias il ne savait pas sans doute qu’il le ferait encore plus de cinquante ans après, sous le règne d'Ezéchias. Il paraît tout occupé à prédire la vocation des Gentils et l’avénement de Jésus-Christ, l'établissement et la gloire de son Eglise ; c’est à quoi on doit rapporter toutes ses prophéties, et sans cela il est presque impossible de les entendre. Celles qui sont renfermées dans les douze premiers chapitres sont du règne d’Ozias, de Joathan et d’Achaz, et regardent ce qui s’est passé de leur temps ; les cinquante-quatre autres sont du règne d'Ezéchias.

Outre les Prophéties que nous avons, Isaïe avait écrit un Recueil des actions du rot Ozias, ainsi que nous l’apprenons du livre II des Paralhipomènes, au chapitre xx1V ; mais cet ouvrage est perdu. On lui a attribué aussi un ouvrage intitulé : l'Ascension d’Isaïe, et un autre sous ce titre : la Vision d’Isaïe ; mais tous les savants les mettent au nombre des apocryphes.

Parmi les travaux littéraires faits sur Isaïe, on peut citer les Commentaires de saint Hippolyte, d'Eusèbe de Césarée, de saint Basile le Grand, de saint Jean Chrysostome, de saint Jérôme, de saint Cyrille d'Alexandrie, de Théodoret, de Procope de Gaze, de Thierry, moine de Saint-Mathias, à Trèves, de saint Brunon de Segni; les sermons de saint Augustin, et d’Ælrède, abbé de Riedval; et les Aoméles de saint Jean Chrysostome.

Nous nous sommes servi, pour composer cette biographie, de l'Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, par Dom Ceillier ; du Dictionnaire hagiographique &e M. l'abbé Migne ; des Vies des Saints, par M. l'abbé Rohrbacher; des Saints Lieux, par Mgr Mislin ; de l'Aistoire des Saints de l’ancien testament, par Baillet; et de la Bible sans la Bible, par M. l'abbé Gaïinet. Bar-le-Duc, Louis Guérin, 2 vol., 1871.

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