‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 41 sur 229 · SAINTE MECATILDE OÙ MATHILDE · texte numérisé non relu

SAINTE MECATILDE OÙ MATHILDE

ABBESSE DU MONASTÈRE DE DIESSEN, EN BAVIÈRE 4160. — Pape : Alexandre II. — Empereur d'Allemagne : Frédéric Ier Barberousse,

Humilitas in honore honor est ipsius honoris ae dignilas dignitatis.

L'humilité dans les honneurs est l'honneur même des honneurs et la dignité des dignités.

S. Bern., lib. v Florum, cap. 1x.

Sainte Mechtilde naquit en Bavière, au château de Diessen, dont elle a tiré son nom. Son père fut Berthold, comte d’Andechs, parent de l’empereur Frédéric Barberousse, et sa mère fut une dame d’égale condition appelée Sophie. Ils donnèrent ur ne marque insigne de leur piété : ils changèrent le château de Diessen, qui leur appartenait, en un monastère de religieuses, afin que Dieu y ft continuellement invoqué et servi. Dès que Mechtilde, leur fille, eut cinq ans, ils la mirent en cette maison pour y être élevée dans la crainte de Notre-Seigneur et dans Pobservance fidèle de ses commandements : ce qui fait dire à Engelhardt, abbé de Lanchaim, qui a le premier écrit sa vie, qu’elle ne connaissait point d'autre père que Dieu, ni d'autre mère que la supérieure de ce couvent, qui avait pris soin de son éducation Elle trouva sa sanctification dans ce lieu, qui avait été celui de sa naissance et lui avait servi de berceau. Son unique soin y fut de plaire à Jésus-Christ, qui l'avait choisie de si bonne heure pour épouse. Elle n’eut pas beaucoup à combattre le monde, parce qu'il lui était inconnu et qu’elle n’en avait reçu aucune impression dangereuse; toute petite qu’elle était, elle avait tant de modestie, de discrétion et de maturité dans ses mœurs, qu'elle était l'exemple de la maison et un sujet d’admiration pour les plus anciennes. Le mensonge ni les paroles inutiles ou séculières ne sortaient jamais de sa bouche, et on eût dit à la voir que c’était un ange qui avait pris la forme d’un enfant.

Lorsqu'elle fut un peu plus avancée en âge, elle commença à mortifier son corps par les excès d’une très-rigoureuse pénitence. Elle s’interdit pour jamais l’usage de la chair et du vin, et on remarque qu’elle à si exactement gardé cette résolution, qu’en tout le reste de sa vie elle n’a mangé qu’une fois de la chair : ce qu’elle fit par un évident miracle, comme nous le dirons dans la suite. Dans ses maladies, qui furent assez fréquentes, elle ne voulut point user de remède : imitant en cela la grande sainte Agathe, qui disait qu’elle n'avait jamais pris de médecine corporelle. La prière, les larmes, la conversion parfaite à Dieu et l’union de cœur avec lui étaient

Page 1