Pape : Saint Eutychien. — Empereur romain : Carns
Quid autem habes quod non accepisti? si aulem actepisti, quid gloriaris quasi non acceperis ?
Qu'avez-vous que vous n'ayez point reçu; et si vous avez reçu tout ce que vous possédez, pourquoi vous en glorifier comme si cela venait de vous ?
TCor avi de
Ce saint prélat fut un des plus grands hommes de son temps ; c'était sur le déclin du mr siècle. Il naquit à Alexandrie, ville capitale de toute l'Egypte, de parents chrétiens et honorables. Son enfance s'étant passée ayec beaucoup d’innocence et de retenue, il se rendit ensuite si recommandable par ses vertus et par sa science, qu’il était regardé avec admiration par tous ceux de son pays. Personne ne le surpassait, ni dans la rhétorique, ni dans la philosophie, ni dans la connaissance des secrets les plus cachés de la nature. Lors même qu'il paraissait dans les assemblées des hommes les plus habiles en ces sciences, ils lui donnaient toujours le premier rang et le respectaient comme leur maître. Il était aussi très-versé dans l’arithmétique, la géométrie, l'astronomie et les autres parties des mathématiques. Enfin, ce qu’il savait, il savait l’exprimer avec beaucoup de force et de grâce, étant doué d’une éloquence naturelle qu’il avait encore perfectionnée par l’art et par de fréquents exercices. De si rares qualités engagèrent les Alexandrins à lui donner la principale chaire de l’école, où l’on enseignait la doctrine d’Aristote ; il l’occupa avec honneur et aux applaudissements de tous ceux qui avaient le bonheur de l’entendre.
Mais si l’érudition d’Anatole était si considérable, sa vertu et sa piété la surpassaient encore de beaucoup. Ni la beauté de son esprit, ni le grand nombre des sciences dont il l’avait enrichi, n'étaient capables de l’enfler ni de lui donner de l’orgueil. Il marchait toujours dans l'humilité et la simplicité du christianisme, disant souvent ces paroles de saint Paul : « Qu’avezvous que vous n'ayez pas reçu ; et si vous l’avez reçu, quel sujet de vous en glorifier ? » Sa charité et sa prudence parurent admirablement dans le siége d'Alexandrie, fait par Théodose, général des armées de l’empereur Gallien, contre Emilien, qui avait aussi pris la pourpre en cette ville et s'était fait proclamer empereur. Au rapport d’Eusèbe de Césarée, comme le peuple fut affligé en ce temps-là d’une cruelle famine, notre Saint fit beaucoup de choses mémorables pour le soulagement de ceux qui étaient dans la nécessité. Il le pouvait d'autant mieux qu’on l'avait élevé à l’une des premières magistratures. Mais, voyant enfin qu’il n’y avait plus de pain dans la ville pour le nombre des bouches qui y étaient, il s’avisa d’une invention trèsjudicieuse, qui fut cause du salut de sa patrie. Il obtint du chef des assiégeants, par un puissant ami qu’il avait auprès de lui, que ceux d’Alexandrie, qui voudraient se donner à lui etse réfugier dans son camp, y seraient bien reçus. Les femmes, les enfants, les vieillards et les malades y allèrent ; de sorte qu'il ne resta plus dans la ville que des hommes forts et robustes,
capables de la bien défendre, avec assez de vivres pour les nourrir jusqu’à la levée du siége.
Cette action, et beaucoup d’autres de même mérite, lui ayant acquis une réputation extraordinaire en Orient, Théotecne, archevêque de Gé sarée, jeta les yeux sur lui pour le faire son successeur. En effet, il Le fit venir à Césarée, et l’ordonna évêque, pour qu'il l’aidât, durant sa vie, à porter le poids de sa charge, et qu’il le portât tout entier après sa mort ; mais Dieu en avait ordonné autrement : car ces deux saints personnages furent appelés au concile d’Antioche contre Paul de Samosate, qui niaït la divinité de Jésus-Christ. Comme ils passaient par Laodicée, en Syrie, près d’Antioche, on y arrêta Anatole pour en remplir le siége, qui venait d’être vacant par la mort d'Eusèbe, un de ses meilleurs amis, et celui qui avait si bien servi dans le camp de l’empereur, lorsqu’Alexandrie était assiégée. Les instances du clergé et du peuple pour le retenir furent si grandes, qu’il lui fut impossible de s’en défendre ; et ce fut aussi par une singulière providence de Dieu qu’il monta sur ce trône épiscopal (269), puisqu'il sy employa avec un merveilleux succès à confondre lidolâirie, à préserver son peuple des hérésies naïssantes et à le fortifier dans la foi et dans les maximes de la piété chrétienne.
Il ne manquait à son zèle qu’une persécution pour faire paraître qu’il préférait sa religion à sa vie, et qu’il était un bon pasteur, prêt à donner son sang pour ses ouailles. Mais si la persécution lui manqua, on peut dire qu’il était un rude persécuteur à lui-même par l'esprit de pénitence qui le possédait, et qui le portait à des austérités extraordinaires et peu communes aux savants.
1 mourut avant que Dioclétien et Maximien, ces deux grands ennemis de Jésus-Christ, eussent déclaré la guerre à ses autels et eussent commencé de faire des martyrs. Eusèbe de Césarée marque quelques livres qu’il com- . posa, et en rapporte même de beaux endroits ; mais il ne nous reste de lui que son Zraité de la Pâque : il suffit pour nous faire juger du mérite des autres. Saint Jérôme en fait un grand éloge.
Son nom est écrit avec honneur, tant dans le ménologe des Grecs que dans le martyrologe romain, dans ceux d'Usuard et d'Adon et dans Baronius. C'est d'après ces matériaux que nous avons composé cette courte biographie.
ls die a JO
SAINT GUNTHIERN OÙ GONTHIERN, ROI DE CAMBRIE ET ENSUITE SOLITAIRE vis siècle,
Solitudinem veluti matrem orationis et munditiæ quisque amplectatur.
Atiacaez-vous à la solitude : elle est comme Ia mère de la prière et de la pureté.
Saint Bonaventure.
Gunthiern, un des rois bretons de Cambrie (pays de Galles), quitta la couronne, par un mouvement de piété, et, foulant généreusement aux pieds