‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 68 sur 229 · SAINT ITHIER, ÉVÊQUE DE NEVERS · texte numérisé non relu

SAINT ITHIER, ÉVÊQUE DE NEVERS

Saint Ithier (Jtherius) était originaire de Nogent-sur-Vernisson, entre La Bussière et Montargis (Loiret). À une foi vive, à une sainteté exemplaire, il unissait des connaissances variées et étendues. Non content de se livrer à l’étude de la morale, il avait voulu travailler avec ardeur à la physique, qui comprenait la médecine, afin de pouvoir être doublement utile au prochain, en lui procurant la santé de l’âme et celle du corps. De tous les côtés on accourait à lui, et les malades s’en retournaient soulagés de leurs infirmités, parce que Dieu bénissait les remèdes de son serviteur. Pour lui, loin de s’attribuer la gloire des guérisons qu'il opérait, il engageait les malades qu’il avait guéris à réserver pour Dieu toute leur reconnaissance. Cependant, craignant que la vaine gloire ne s'emparät de son cœur, il se retira dans un lieu désert et inculte. Bientôt sa retraite fut découverte, et on vint à lui de toutes parts comme auparavant.

Le bruit de sa sainteté et des prodiges qu'il opérait parvint jusqu’à Nevers, dont l'Eglise était veuve par la mort de son évêque. Le clergé et le peuple demandèrent Ithier pour le remplacer. Celui-ci, craignant de résister à la volonté divine, y consentit. Il fut donc ordonné prêtre et reçut Jonction pontificale vers 690.

En entrant dans sa ville épiscopale, il rencontra aux portes de la cité un homme perclus depuis de longues années; il le guérit sur-le-champ de ses infirmités ; il délivra aussi un possédé dans cette circonstance. Après avoir fait briller sur le siége pontifical les vertus qu’on avait remarquées en lui dans sa retraite, il mourut plein de mérites, vers l'an 695 ou 696.

Les habitants de Nogent montrent à l'extrémité de cette paroisse une fontaine auprès de laquelle était, assurent-ils, l'habitation des parents de saint Ithier. C’est là que le Saint a passé les premières années de sa vie. On ya planté une croix et, depuis bien des siècles, les habitants de Nogent et des environs s’y rendent en procession dans les calamités publiques. Les malades y accourent aussi pour obtenir, par lintercession du saint évêque, la guérison de leurs maux. La fête de saint Ithier se célébrait à Nogent le 17 juin, lorsque cette paroisse faisait partie du diocèse de Sens ; depuis qu’elle dépend de celui d'Orléans, la fête de saint Ithier n’a lieu que le 9 juillet. L'ancien martyrologe de Nevers marque sa mort au 25 du même mois ; cependant sa fête se célèbre dans le diocèse de Nevers le 8 juillet. Cette variation a dù être la suite de quelques translations des reliques de notre Saint.

1 parait certain qu’il mourut dans le Berry ; son corps fut transporté à Nogent, son pays natal. Au x1e siècle, son culte était déjà fort répandu. Plusieurs églises du Berry furent mises sous son invocation, entre autres la collégiale de Saint-Ithier des Aix-d'Angillon. En 1403, Jean, duc de Berry, donna à cette collégiale une partie du chef et d'un bras du saint évêque, reliques qu'il avait obtenues du prieur de Nogent. La collégiale de Sully-sur-Loire le reconnaissait aussi pour son patron. Lorsque les Iluguenots entrèrent dans Nogent, ils dispersèrent les reliques du saint évêque. Avant la Révolution de 1793, il ne restait plus à Nogent qu'un seul doigt qui y avait été rapporté, en 1656, du trésor de la collégiale de Sully-sur-Loire,

Tiré de l'Æagiologie Nivernaïse, par Mgr Crosnicre

186 JTIDILLET,

LE BIENHEUREUX PIERRE L’ERMITE, FONDATEUR DE NEUMOUTIER, PRÉDICATEUR DE LA PREMIÈRE CROISADE (1145).

Pierre l’Ermite était d’une famille noble d'Amiens et porta les armes dans sa jeunesse. Ayant ensuite renoncé au monde pour se faire ermite, il entreprit le pèlerinage de Jérusalem et trouva les saints Lieux dans un état si déplorable, qu’à son retour il en parla au pape Urbain II. Ce Pontife, touché de son récit, le chargea d'aller de province en province, pour exciter les peuples à délivrer les chrétiens de la Palestine de la dure oppression sous laquelle: ils gémissaient. Ses exhortations eurent tant de succès, qu’elles donnèrent naissance à la première croisade, conduite par Godefroi de Bouillon. Pierre fut chargé de commander une partie de l'expédition, et, après avoir perdu une portion de ses troupes dans divers engagements avec les Turcs, il rejoignit Godefroi et les autres chefs à Constantinople. Se trouvant en 1097 au siége d’Antioche, il voulut se démettre d’un commandement qu'il n’avait accepté que malgré lui; il se proposait même de quitter les croisés pour retourner dans la solitude; mais Tancrède, prévoyant le mauvais effet que produirait son départ, vu surtout qu’il était comme l’âme de l'expédition, lui fit fare le serment de ne pas abandonner ceux qui avaient mis leur confiance en lui. Il se signala au siége de Jérusalem en 1099, et, après la prise de cette ville, le nouveau patriarche le fit son vicaire général, pendant son absence.

Il quitta l'Orient au commencement du xrie siècle et fonda l’abbaye de Neumontier près de Huy, en Flandre. Le monastère était de l'Ordre de Saint-Augustin, sous l'invocation de saint Jean- Baptiste. Il le fonda aux frais de Lambert de Clermont et de Conan de Montaigu, les compagnons de son voyage et de son relour de Jérusalem, et le confia à des Chanoïnes réguliers. Il ÿ mourut le 8 juillet 1115. En 1242, on leva de terre son corps et on le transporta dans la crypte de l’église. Lorsqu'on la répara au xvirre siècle, ses ossements, placés dans une caisse, furent déposés à la sacristie. On trouve son nom dans les calendriers de Flandre sous le 8 juillet.

Tiré de Migne : Dictionnaires hagiographique et des abbayes.

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