‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 78 sur 229 · LES SEPT FRÈRES, MARTYRS A ROME, ET SAINTE FÉLICITÉ, LEUR MÈRE · texte numérisé non relu

LES SEPT FRÈRES, MARTYRS A ROME, ET SAINTE FÉLICITÉ, LEUR MÈRE

vier fut battu jusqu’à la mort avec des fouets garnis de balles de plomb. Félix et Philippe terminèrent leur vie par de violents coups de massue qu’on déchargea sur eux. Sylvain, le quatrième des frères, fut jeté la tête en bas dans un précipice. Alexandre, Vital et Martial, qui étaient les plus jeunes, eurent la tête tranchée. Félicité mourut de la même manière, quatre mois après. Elle est nommée le 23 novembre dans le martyrologe romain, qui fait mémoire des sept frères le 40 juillet. C'est en ce dernier jour que la fête de ces saints est marquée dans l’ancien calendrier romain, publié par Buchérius. Il y avait sur la voie Salarienne une église bâtie en l'honneur et sur le tombeau de sainte Félicité.

Ce fut dans cette église que saint Grégoire le Grand prêcha sa troisième homélie sur les Evangiles, le jour de la fête de la sainte martyre. Voici de quelle manière il s’y exprime : « Félicité, ayant sept enfants, craignait plus de les laisser sur la terre après elle que les autres mères ne craignent de survivre aux leurs. Elle fut plus que martyre, puisqu’elle souffrit en quelque sorte ce que souffrait chacun de ses enfants. Elle combattit la huitième, selon l’ordre du temps ; mais elle fut dans la peine durant toute cette scène sanglante ; elle commenca son martyre dans l’aîné de ses enfants et ne le consomma que par sa propre mort. Elle reçut une couronne pour elle et pour tous ceux qu’elle avait mis au monde. En les voyant tourmenter, elle ne perdit rien de sa constance. Comme mère, elle éprouvait tout ce que la nature fait souffrir en pareille circonstance ; mais elle se réjouissait dans son cœur par les sentiments que lui inspirait l'espérance ». Le même Père prend de là occasion de montrer combien la foi est faible en nous : « En sainte Félicité, elle triompha de la chair et du sang ; et en nous, elle n’est pas capable d'arrêter les saillies de nos passions, ni de détacher nos cœurs de ce monde perfide et corrompu. Soyons du moins couverts de confusion, ajoute-t-il, en voyant que nous sommes si éloignés de la vertu de cette sainte, et que nous permettons aux mauvais penchants d’étoulfer la foi dans nos cœurs. Souvent un mot nous trouble, la moindre contradiction nous irrite ou nous décourage, et cependant les supplices de la mort même ne purent ébranler l’âme courageuse de Félicité.. Nous pleurons sans cesse lorsque Dieu nous recommande les enfants qu’il nous avait donnés, tandis que Félicité s’attriste que les siens ne meurent pas pour Jésus- Christ, et se réjouit de les voir sceller leur foi par l’effusion de leur sang ».

Dans les arts, on groupe les sept enfants de sainte Félicité devant leur mère : chacun d’eux tient une palme. Outre la palme, sainte Félicité porte une large épée. Comme sainte Félicité n’eut que des garçons, on l’invoque pour en obtenir.

Tiré de leurs actes sincères, publiés par Dom Ruinart. Voir Tillemont, tome 11, et les remarques de

Pinius, un des continuateurs de Bollandus, tome ut jui, page 5. — Acta Sanctorum. — Cf. Saint Grégoire le Grand, homil. 111 in Evangelium.

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