LES SEPT FRÈRES, MARTYRS A ROME, ET SAINTE FÉLICITÉ, LEUR MÈRE
Million, Décomède, Antoine, Théole, Cesse, Gagien, Clirique, Suzanne, Nécien, Théote ou Théodote et Cyrille, que le martyrologe, romain de ce jour appelle les compagnons des saints martyts Léonce, Maurice et Daniel. 1ve s. — Au mont Caprario, près-de Pérouse, dans le royaume d'Italie, saint Pierre, abbé. Il naquit dans un village de Toscane situé à six milles environ de Pérouse, de parents assez illustres qui eurent soin de le faire élever dans l'étude des sciences. Le jeune Pierre s’appliqua principalement à faire de grands progrès dans la scieuce de Diew et de sa religion, et la piété se développait rapidement dans son âme. Il embrassa plus tard l’état ecclésiastique et se fit ordonner prêtre. C’est alors qu'il s'occupa de faire relever de ses ruines la vieille basilique de Saint-Pierre, située hors des murs de Pérouse : plusieurs miracles vinrent, pendant que les ouvriers travaillaient à cette reconstruction, attester la sainteté du serviteur de Dieu. La nouveile basilique fut dédiée en l'honneur de Dieu et de sa sainte Mère, et sous le vocable du prince des Apôtres, en 969. Il s’y forma un monastère de l'Ordre de Saint-Benoît, dont Pierre fut le premier abbé : le pape Jean XIII lui-même l’éleva à cette dignité. Après un sage gouvernement, et une longue vie marquée par les œuvres de miséricorde et les miracles les plus éclatanis, il s’endormit doucement dans le Seigneur et fut inhumé dans la basilique qu'il s'était dévoué à relever de ses ruines. 1007. — Dans l'ile de Kionie (Danemark), saint Canut IV ou Knut, roi et martyr Il mourut dans la ville d'Odensée, capitale de l'ile, le 7 juin. Le bréviaire romain en fait un office particulier le 49 janvier 1, 1086.
LES SEPT FRÈRES, MARTYRS A ROME, ET SAINTE FÉLICITÉ, LEUR MÈRE 450. — Pape : Saint Pie Ier, — Empereur : Antonin Le Pieux.
Beata Felicitas, cujus hodie natalitia celebramus, credendo extilié ancilla Christi, ct predica est muler Christi. Non amittebat filios, sed præmittebat.
Adwirez la bienheureuse Félicité dont nous célébrons aujourd'hui le naissance au ciel; servante du Christ par sa foi, elle devient sa mère par sa prédicatit auprès de ses fils : clle ne les perd pas, mais ne fait que les envoyer âvant celle au paradis.
S. Greg., Aoïm. 111; S. Aug., serm. ox.
Ces Saints, dont les triomphes sont si célèbres dans les écrits des Pères, souffrirent sous l’empereur Antonin le Pieux ?. Sainte Félicité était une dame romaine également distinguée par sa vertu et par sa naissance, Elle éleva ses sept enfants dans la crainte du Seigneur, et prit soin de les pénétrer des plus sublimes maximes du christianisme. Après la mort de son mari, elle servit Dieu dans la continence et ne s’occupa plus que de bonnes œuvres. Ses exemples, ainsi que ceux de sa famille, arrachèrent plusieurs païens à leurs superstitions, en même temps qu’ils encouragaient les chrétiens à se montrer dignes de leur vocation.
Les prêtres païens, furieux des pertes que faisait la religion dont ils étaient les ministres, portèrent leurs plaintes à l’empereur Antonin. « Vous ne pouvez supporter », lui dirent-ils, « la hardiesse avec laquelle Félicité professe la doctrine des chrétiens ; plusieurs abandonnent le culte des dieux immortels, qui sont les gardiens et-les protecteurs de l'empire ; cet abandon
1. Nous avons donné sa vie sous ce jour, tome 1e", page 476. 2. Beaucoup d'auteurs placent le’ martyre de sainte Félicité sous le règne de Mare-Aurèle-Auton -@n l'an 164.
et la tolérance d’un culte étranger les outragent ; aussi sont-ils extrêmement irrités contre la ville et contre tout l'Etat. On ne peut les apaiser qu’en obligeant Félicité et ses enfants à leur offrir des sacrifices ».
Antonin, qui était lui-même superstitieux, répondit favorablement à la plainte des prêtres. Il chargea Publius, préfet de Rome, de leur donner satisfaction et de faire ce qu’ils demandaient pour apaiser les dieux. En conséquence de cet ordre, Publius se fit amener Félicité avec ses sept enfants. Lorsqu'ils furent venus, il prit la mère à part, et employa tous les moyens possibles pour la déterminer à sacrifier, ajoutant qu’en cas de refus, il serait obligé d’avoir recours aux voies de rigueur. « Apprenez à me connaître, répondit Félicité, et ne vous flattez pas de m'effrayer par vos menaces, ni de me séduire par vos belles paroles. J'espère, par la vertu de l'Esprit de Dieu, qui combattra avec moi, triompher de Satan et sortir victorieuse des épreuves auxquelles vos assauts mettront ma fidélité ». — « Malheureuse femme », dit Publius transporté de rage, « comment la mort peut-elle vous paraître si désirable, que d'exposer vos enfants à être privés de la vie et de me forcer à la leur ravir par de cruels tourments ? » — «Mes enfants », reprit Félicité, « vivront éternellement avec Jésus-Christ s’ils lui sont fidèles ; mais ils doivent s'attendre à des supplices qui ne finiront point s'ils sacrifient aux idoles ».
Le lendemain, Publius, étant assis sur son tribunal dans le champ et devant le temple de Mars, envoya chercher Félicité et ses enfants; puis, s'adressant à la mère, il lui dit : « Ayez pitié de vos enfants qui sont à la fieur de l’âge et qui peuvent aspirer aux premières charges de l'Etat ». — «Votre pitié », répondit la sainte, « est une impiété réelle, et la prétendue compassion à laquelle vous m’exhortez annoncerait la plus cruelle des mères ». Se tournant ensuite vers ses enfants, elle leur dit : « Regardez le ciel où Jésus-Christ vous attend avec ses Saints ; persistez dans son amour, et combattez généreusement pour vos âmes ». À ces mots, Publius lui fit donner des soufflets, en lui disant qu’elle était bien hardie de donner en sa présence de pareils avis qui montraient une opiniâtreté impardonnable à désobéir aux empereurs.
Il résolut de faire une nouvelle tentative, en prenant les Saints séparément pour essayer de les ébranler par la force réunie des menaces et des promesses. Il commença par Janvier, l’aîné des sept frères ; mais il n’en reçut que cette réponse : « Ce que vous me conseillez de faire est contraire à la raison. J'attends de la bonté du Seigneur Jésus, qu’il me préservera d’une telle impiété ». Il ordonna qu’on le batlit cruellement, après quoi il le renvoya en prison. Félix, le second des frères, fut ensuite amené. Comme on le pressait de sacrifier, il répondit : « Il n’y a qu’un seul Dieu, et c’est à lui que nous devons offrir le sacrifice de nos cœurs. Jamais nous n’oublierons l’amour que nous devons à Jésus-Christ. Employez tous les artifices et tous les raffinements de la cruauté, vous ne pourrez nous ravir notre foi ». Les autres frères, ayant été interrogés, firent une semblable réponse, et protestèrent que rien ne serait capable de les priver de la récompense éternelle promise aux justes. Martial, qui parla le dernier, dit : « Tous ceux qui ne confessent pas que Jésus-Christ est vrai Dieu, seront jetés dans un feu qui ne s’éteindra jamais ». L’interrogatoire fini, les saints souffrirent la peine du fouet et furent ramenés en prison. Publius, désespérant de vaincre leur constance, envoya toute la procédure à l’empereur.
Antonin, ayant lu l’interrogatoire, ordonna que les confesseurs fussent envoyés à différents juges et condamnés à divers genres de supplices. Jan-