SAINT HIDULPHE, ARCHEVÊQUE DE TRÊVES
depuis la mort de saint Dié, pendant l’espace de vingt-huit ans que Dieu le laissa vivre après son ami, avec un Courage et une uniformité de conduite qui surprenait tout le monde. Il était d’une santé si robuste, que, dans sa dernière vieillesse même, il s’occupait encore du travail des mains, et gagnait ce qui était nécessaire pour subvenir à sa nourriture et à ses habits. Il avait à un si haut degré le don de componction, que son exemple seul l’inspirait aux autres, sans qu'il fût obligé de la leur prêcher. Le nombre de ses disciples s’accrut de telle sorte, qu'il se vit le père de près de trois cents religieux, dont les uns demeuraient à Moyenmoutier, les autres aux environs, dans diverses cellules. Il faut sans doute comprendre dans ce nombre : ceux du monastère de Jointures, qui se considéraient comme ses véritables enfants, quoiqu'il eût toujours la modestie de les regarder comme étant à saint Dié son ami. Il eut au reste tant de tendresse pour eux, que, songeant à se décharger et à se procurer du temps, treize ans avant sa mort, pour vaquer à la contemplation, il ne voulut pas quitter la conduite du monastère de Jointures. Il aima mieux se démettre de Moyenmoutier, auquel il donna Leutbalde pour abbé en sa place. Il voulut faire voir combien lui était précieuse la mémoire d’un si saint ami, qui l'avait conjuré, par tout ce qu'il y avait de plus sacré dans leur amitié, d’avoir soin de ses disciples. Pour s’exciter à supporter la peine que lui donnait cet emploi, il se représentait sans cesse les reproches que l’ami lui ferait un jowr devant Dieu, s’il n’exécutait pas sa dernière volonté avec la fidélité qu’il lui avait jurée. Il fit encore plus ; car l’abbé Leutbalde étant mort l’an 704, il reprit, à l'instance des religieux, le gouvernement de son ancienne maison, et, pendant trois ans encore qu'il vécut, il gouverna simultanément les deux abbayes. Il habitait d'ordinaire à Moyenmoutier, d’où il allait faire sa visite annuelle aux frères du Val de Galilée. Saint Dié, dans une vision, avertit saint Hidulphe de sa fin prochaine : le pieux évêque s’y prépara avec une nouvelle ferveur. Cet heureux moment arriva le 41 juillet de l’an 707. Il fut enseveli par ses religieux dans l’église Saint-Grégoire, à droite de l'autel. En 787, son corps fut transféré dans l’église de la bienheureuse vierge Marie, et placé sous un monument de pierre travaillé avec art, et recouvert de lames d’or et d’argent. Sous le gouvernement d’Adalbert, abbé du monastère de Jointures, son corps fut levé de terre et déposé dans une châsse de bois. En 1130, les religieux de Moyenmoutier le placèrent dans une châsse de la plus grande richesse. Ses saintes reliques se conservent encore aujourd’hui dans l’église de son monastère, devenue paroissiale. La châsse d'argent dans laquelle elles étaient renfermées a disparu pendant la révolution française,
On le représente : 4° assistant au baptême de sainte Odile ; 2° donnant ordre au cadavre de son disciple, Spin, de cesser ses miracles ; 3° délivrant des énergumènes : c’est sa caractéristique la plus ordinaire ; 4° ayant près de lui une mitre et une crosse, symboles de sa renonciation à l’épiscopat.
On j’invoque pour les esprits troublés, les énergumènes, contre la peste et les tempêtes.
Voir les actes de saint Hidulphe dans l'Aistoire de Lorraine, par Dom Calmet; et les Saints du Val de Galilée, par l'abbé Guinot.