DU TIERS ORDRE DES SERVITES
Jeanne Soderini naquit à Florence, en 1301, de parents nobles et fidèles au Seigneur. Dès ses jeunes années, elle montra d’heureuses dispositions pour la piété. Elle aimait beaucoup la sainte Vierge à laquelle pendant toute sa vie elle témoigna une dévotion toute particulière. Sa gouvernante, Félicie Tonia, étant morte avant qu’elle pût se passer de ses soins, elle fut confiée, au grand regret de ses parents, à sainte Julienne Falconieri, qui était alors supérieure d’une communauté de Vierges du Tiers Ordre des Servites, connues en Italie sous le nom de Mantelattes. Jeanne avait déjà choisi Jésus-Christ pour son Epoux, ct ce fut avec joie qu’elle entra dans le couvent de sainte Julienne et se revètit de l’habit religieux. Elle n'avait encore que douze ans.
Jeanne ne tarda pas à faire de si rapides progrès dans les voies de la perfection que sainte Julienne l'offrait comme un modèle à toutes ses religieuses. Non contente d’avoir tout laissé pour Dieu, d’avoir abandonné tous les avantages temporels auxquels elle avait droit, Jeanne Soderini voulut s'attacher à Dieu d’une manière irrévocable, et, prosternée humblement devant l'autel de
Notre-Dame de l’Annonciation, elle fit vœu de chasteté perpétuelle. Convaincue que cette vertu délicate et fragile ne peut se garder intacte qu’à la condition de mortifier continuellement ses sens, elle se livra dès lors assidûment aux jeûnes et aux veilles, et pratiqua de dures et fréquentes aus- - térités. Elle employait le temps dont elle pouvait disposer à l’oraison et à la contemplation. A l'exemple des Saints, elle avait un amour ardent pour l'humilité. On la voyait rechercher avec empressement les offices les plus bas de la maison et les remplir avec joie. Par son caractère doux et enjoué, elle sut gagner l'affection de ses compagnes qu’elle fut appelée à gouverner quelque temps à la satisfaction générale. : ;
Le démon, jaloux, lui livra de terribles assauts. Il tenta, mais inutilement, de lui faire perdre les mérites de ses bonnes œuvres. Appuyée sur le secours du ciel, la Bienheureuse sut résister à tous les assauts et sortir victorieuse de toutes les épreuves. À la suite de ces combats, Dieu la récompensa de sa fidélité en lui accordant le don de prophétie. Les derniers moments de sainte Julienne étant arrivés, Jeanne lui prodigua ses soins et reçut son dernier soupir (1340). La première elle vit l’image du Sauveur imprimée sur la poitrine de la Sainte et fut si touchée de cette merveille, qu’elle en prit occasion de redoubler de bonne volonté, de zèle et de ferveur dans le service de Dieu. Elle vécut encore vingt-six ans et fut pendant ce temps le modèle achevé de toutes les vertus. Enfin, exténuée par ses mortifications, ses veilles et ses prières, elle rendit son âme à Dieu le 4er septembre 1367. Son corps fut déposé à l’église de l’Annonciation de Florence. Il se fit de nombreux miracles à son tombeau, et le peuple conçut pour elle une vénération profonde. Le 4er octobre 1827, Léon XII approuvait le culte de la Bienheureuse.
Cf. Acta Sanctorum, et Godescard.
Il JOUR DE SEPTEMBRE
MARTYROLOGE ROMAINe
A Albe-Royale, saint ETIENNE, roi de Hongrie, qui, orné des vertus chrétiennes, convertit le premier les Hongrois à la foi de Jésus-Christ, et fut reçu dans le ciel par la Vierge Mère de Dieu, le Jour même de son Assomption. Sa fête, néanmoins, fut, par l’ordre du pape Innocent XI, fixée à ce Jour, auquel les chrétiens reprirent sur les infidëles la forteresse de Bude, par le secours du saint roi. 4038. — À Rome, sainte Maxime, martyre, qui, ayant confessé Jésus-Christ avec saint Ansan, durant la persécution de Dioclétien, fut battue à coups de bâton, et rendit l'esprit dans ce supplice. Vers 304. — À Pamiers, saint ANTONIN, martyr, dont les reliques sont gardées avec un grand respect dans l'église de Palence. 11° s.— De plus, les saints Diomède, Julien, Philippe, Eutychien, Hésychius, Léonide, Philadelphe, Ménalippe et Pantagape, qui accomplirent leur martyre, les uns par le feu, les autres par l'épée ou sur la croix. — À Nicomédie, les saints martyrs Zénon, et ses enfants, Concorde et Théodore. Vers 303. — Le même jour, les saints frères Evode et Hermogène, et sainte Calliste, leur sœur, martyrs 1. — À Lyon, la naissance au ciel de saint Jusr, évêque et confesseur, homme d’une admirable sainteté et doué de l'esprit prophétique. Ayant quitté son évèché, il se retira dans une solitude d'Egypte avec Viateur, son lecteur ; après y avoir mené pendant quelques années une vie angélique, il y trouva l’heureux terme de ses travaux, et s’envola dans le sein de Dieu, pour recevoir la couronne de justice, le 14 octobre; dans la suite, son saint corps fut rapporté à Lyon, avec celui de saint Viateur, son ministre. Vers 390. — Dans la même ville, saint Elpide, évêque et confesseur 2. 422. — Dans la Marche d’Ancône, un autre saint
1. Ces trois martyrs sont déjà mentionnés au martyrologe romain du 25 avril, jour où on les honore à Syracuse.
2. Elpide égala en sainteté ses prédécesseurs les saints Pothin (177), Irénée (202), Just (390), Albin ou Alpin (397), Martin (400), et Antiochus (410). On lui donna la sépulture dans l'église des Machabées, où reposaient déjà tant de Saints. Il faut bien se garder, comme l'ont fait certains écrivains, de confondre ce prélat avec saint Elpide Rustique, simple diaere de l'Eglise de Lyon, poëte ct médecin, qui mourut
Elpide, qui a donné son nom à la ville qui se félicite de posséder son corps sacré. ve 8. — Au mont Saint-Sylvestre, saint Nonnose, abbé, qui, par sa prière, transporta une pierre d'un poids énorme, et brilla par d’autres miracles. vie s.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
À Auch et à Agen, saint ANTOINE DE LIAROLES, ermite et martyr. 540. — Au même pays, saint Licère ou Lézer, martyr. Il était Espagnol. Lorsque les Normanés ravageaient l’Aquitaine, au xe siècle, ruinant les églises et mettant à mort les chrétiens, Lézer se sentit brülé du désir de soutenir la religion attaquée et de combattre l'ennemi. A cet effet, il encourage les habitants de la petite ville de Sos (Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Mezin) qui prennent la résolution de vaincre ou de mourir. Dans la lutte, Lézer reçoit un coup de sabre qui lui fend la tète et en fait voler à terre la moitié. Le Martyr ramasse de ses maius cette portion de sa tête, la remet à sa place, à la face des ennemis étonnés, et il part pour Lectoure (Gers), où le combat devait se continuer. Mais, arrivé au Mas d'Avignon (Gers, arrondissement et canton de Lectoure), il tombe épuisé par la fatigue et affaibli par la perte du sang qui coulait de ses blessures. Son tombeau, au Mas, est un lieu de pèlerinage. — À Louvain, ville de Belgique (Brabant), la bienheureuse MARGUERITE, vierge et martyre. 4225. — Au diocèse de Strasbourg, saint Juste ou Justinien, deuxième évêque de ce siége. Ce fut un homme fort savant et très-versé dans les divines Ecritures. 1ve s. — Au même pays, les saints Maximin ler, Valentin et Solaire, troisième, quatrième et cinquième évêques de Strasbourg. — En Auvergne, saint Just, vingt et unième évêque de Clermont et confesseur, dont le corps fut déposé dans l’église de Saint-Allyre de cette ville. vrie s. — A Fréjus et à Avignon, saint AGRIGOL ou ARIGLE, évêque et premier patron de cette dernière ville. 700. — À Paris, fête de l'élévation des reliques de saint Merry dont nous avons donné la vie au 29 août. — Aux diocèses de Rodez et de Carcassonne, saint Antonin de Pamiers, martyr, cité au martyrologe romain de ce jour. — Au diocèse de Cologne, saint Etienne de Hongrie, cité aujourd’hui au même martyrologe. — Au diocèse de Nice, saint Just de Lyon, cité au martyrologe romain de ce jour. — Au diocèse de Reims, saint Nivard ou Nivon, vingt-cinquième archevèque de ce siége et confesseur, cité hier déjà au martyrologe de Krance. 672.— Dans le Limousin, le vénérable Père Léonard Garreau, de la Compagnie de Jésus, missionnaire dans le Canada. Il était né d’une des plus honorables familles de la ville de Saint-Yrieix-la-Perche, au diocèse de Limoges, et fit ses premières études au collége des Jésuites de cette dernière ville. Ils le reçurent bientôt dans leur Compagnie : Garreau fit son noviciat à Bordeaux et alla ensuite à Rome étudier la théologie. Destiné plus tard aux missions du Canada, il usa sa vie au service des mes et s'endormit dans le Seigneur, riche en bonnes œuvres. XVIIe $&. — À Anvers, ville et port de Belgique, anniversaire de la Consécration de l’église des Augustins, en l'honneur de Notre-Dame de Loretie, 4648.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe de l'Ordre de Saint-Benoît. — Sur le mont Saint-Sylvestre, saint Nonnose, abbé, qui, par la force de ses prières, transporta une pierre d'une grosseur énorme, et brilla par d’autres miracles. VI® s.
Martyrologe de l'Ordre aes Camaldules. — De même que chez les Bénédictins.
Martyrologe de la Congrégation de Vallombreuse. — De même que chez les Bénédictins.
Martyrologe de l'Ordre des Cisterciens. - De même que chez les Bénédictins.
Martyrologe de l'Ordre de la bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel.— Sur le mont Carmel, {e bienheureux Brocard, confesseur, de l'Ordre des Carmes, personnage d’une admirable sainteté et d’une grande prudence. — A Albe-Royale, en Pannonie, saint Etienne, roi de Hongrie, qui, orné des vertus chrétiennes, convertit le premier son peuple à la foi de Jésus-Christ, et fut reçu dans le ciel par la sainte Vierge le jour même de son Assomption. Sa fête cependant se célèbre, par l'ordre du pape Innocent XI, en ce jour auquel les chrétiens, aidés de ses prières, reprivent sur les infidèles la forteresse de Bude. Chez nous, sa fête se célèbre le 25 octobre.
Martyrologe de l'Ordre des Carmes déchaussés, — De mème que chez les Carmélites.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
Chez les Grecs, saint Eléazar, frère d’Aaron et grand sacrificateur du peuple juif 1. 4474 av, J.-C. — Dans la Franconie (un des dix cercles de l’ancien empire d'Allemagne), Notre-Dame
vêrs l'an 535 et est mentionné par les Bollandistes à la date du 5 février. — France Pontificale, par Fisquet.
1. Ce fut Eléazar qui fit avec Josué e4 les chefs de chaque tribu le partage de la Terre promise après