‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 121 sur 220 · ÉVÈQUE DU MANS ET GONFESSEUR · texte numérisé non relu

ÉVÈQUE DU MANS ET GONFESSEUR

Victorius était disciple de saint Martin de Tours qui lui avait annoncé, dans un esprit prophétique, qu’un jour il serait évèque du Mans, et l'avait instruit de ce qu'il aurait à faire pour la gloire de Dieu. La renommée de ses qualités se répandit en effet jusque chez les Cénomans, et quand l'Eglise du Mans fut devenue veuve de son pasteur, saint Victor Ier (422), le clergé et le peuple demandèrent d'une voix unanime Victorius pour leur évêque. On envoya à Tours des députés pour lui porter la nouvelle de son élection : il céda à leur empressement et reçut la consécration épiscopale des mains de saint Brice, successeur de saint Martin.

Dieu témoigna par des miracles combien cette élection lui était agréable, et l’arrivée du nouvel évêque dans le diocèse qu’il venait gouverner fut signalée par la guérison d’un malade qui le pria de lui rendre la santé. Victorius environnait de toute la magnificence qui était en son pouvoir le culte des Saints; il avait surtout une grande vénération pour les saints martyrs Gervais et Protais et eut le bonheur d'enrichir de leurs reliques la cité du Mans. L'église cathédrale avait besoin d’être restaurée; d’ailleurs, elle ne suffisait plus aux besoins de la population devenue chrétienne : le saint évèque entreprit de la réparer; mais la mort ne lui permit point de voir l’accomplissement de ce désir. Parvenu à une vieillesse plus que nonagénaire, il mourut le 4er septembre 490.

Ses dépouilles mortelles furent ensevelies dans la basilique des Apôtres, au-delà de la Sarthe, auprès de son père saint Victor Ier, et des saints évêques ses prédécesseurs. Saint Grégoire de Tours nous apprend que son tombeau devint bientôt célèbre par les nombreux miracles qui s’y opérèrent, et qui continuaient même de son temps. Quoique l'Eglise du Mans soit privée, depuis plusieurs siècles, des reliques précieuses de son saint évêque, elle ne laissa pas de conserver pour lui une grande dévotion. La paroisse de Rouillon, près du Mans, dans laquelle on croit qu’il est né, l’honore d’un culte particulier; une confrérie a été établie depuis longtemps en son honneur daus l’église de ce village, qui le regarde comme son second patron.

Tiré àc l'Histoire de l'Eglise du Mans, par leR. P. Dom Piolin.

Page 1