‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 132 sur 220 · SAINT ANTOINE DE LIAROLES, ERMITE · texte numérisé non relu

SAINT ANTOINE DE LIAROLES, ERMITE

CULTE ET RELIQUES

Les grands miracles qui se firent au tombeau de saint Etienne furent des marques certaines de sa béatitude. On y entendait aussi quelquefois une mélodie céleste et oa y sentait un parfum agréable, qui faisait voir que son corps était destiné à être un jour glorieux dans le ciel. Son corps, ayant été levé de terre, fut renfermé dans une châsse et déposé dans une chapelle de l'église Notre-Dame, à Bude, quarante-cinq ans après sa mort, le 20 août. Cela ne se fit pas sans un grand nombre de nouveaux miracles : comme une foule de malades accouraient de toutes parts, pour pirticiper à la bénédiction de cette translation, ceux qui ne purent pas arriver assez à temps, et qui étaient alors en chemin, ne laissèrent pas de recouvrer la santé. On trouva ses ossements sacrés nageant dans une liqueur comme du baume, qui exhalait un parfum plus doux que tous ceux de la terre. On tächa de l'épuiser avec des linges dont on prétendait se servir pour le soulagement des malades ; mais plus on la vidait, plus le tombeau se remplissait d’une semblable liqueur, ce qui obligea d'y remettre celle qu’on en avait tirée, et alors, par un miracle surprenant, le cercueil, qui élait plein, reçut toute la liqueur précédente sans dégorger ni paraître plus plein qu’il n'était auparavant. Parmi les personnes considérables qui recurent alors la guérison par les mérites de saint Etienne, une des plus renommées fut la comtesse Mathilde, qu’une maladie de quinze ans avait réduite aux dernières extrémités. Ses gens la menèrent près du Saint, et elle y trouva le soulagement à son mal, qu'une infinilé de remèdes n'avaient pu lui procurer. On fut fort surpris, à l’ouverture du mausolée, de n’y trouver ni la main du saint Roi, ni l'anneau qu’on lui avait mis au doigt. Mais elle avait été enlevée invisiblement, encore en chair et en os, par un ange, et déposée entre les mains d'un saint religieux nommé Mercure. Il fut quelque temps sans découvrir ce secret; mais il le découvrit enfin, ce qui donna un nouveau sujet de joie au peuple et fit connaître, de plus en plus, le mérite des aumônes de saint Etienne. Benoît IX le canonisa, et Innocent XI fixa sa fête au 2 septembre.

Nous avons, dans Surius, sa vie composée par un évêque de Hongrie, nommé Chartruiz. Antoine Bon äinius en a encore donné une plus détaillée dans la seconde décade de son Æistoire de Hongrie. Baronius en parle avec beaucoup d'honneur, tant dans ses Annales que dans ses Votes sur le martyrologe romain.

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