‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 155 sur 220 · VINGTIÈME ÉVÊQUE DE DAYEUX ET MARTYR · texte numérisé non relu

VINGTIÈME ÉVÊQUE DE DAYEUX ET MARTYR

Saint Sulpice occupait le siége de Bayeux vers le milieu du 1x8 siècle, c’est-à-dire à l’époque où les Normands, ravageant toute la France, s'acharnaient avec une fureur particulière à détruire les églises et les monastères, et tous les monuments consacrés à Dieu. Alors florissait, non loin de Bayeux, dans une paroisse nommée Liberiacum (peut-être Livry, au département de Seine-et- Oise) un monastère placé sous l’invocation de saint Jean-Baptiste : ce lieu s'appelle encore aujourd’hui Val-Sainte (Vallis Sancta). Le saint prélat s'était, selon son habitude, retiré dans ce monastère pour vaquer plus librement à l’oraison dans la compagnie des moines. Les barbares survinrent,

envahirent le monastère et tuèrent saint Sulpice (844). Peu de temps après, son corps fut trouvé sous les ruines de l'église, et enseveli au même lieu.

Le 21 juillet 984, Simon, abbé de Saint-Ghislain, près de Mons, en Belgique, étant venu en pèlerinage au mont Saint-Michel, se rendit au bourg de Liberiacum et visita Val-Sainte, où il reçut l'hospitalité. Apprenant que le corps de saint Sulpice était enseveli en ce lieu, il projeta de l'enlever. Il vint donc l'année suivante, accompagné de plusieurs des siens, et, trompant le gardien du tombeau, il enleva le saint corps. Les reliques de saint Sulpice furent gardées avec beaucoup de vénération dans l'abbaye de Saint-Ghislain jusqu'à la Révolution française ; aujourd’hui elles sont conservées en grande partie dans la chapelle des religieuses de l'hospice.

L'abbé de Saint-Ghislain donna une des côles de saint Sulpice au monastère bénédictin de Saint- Vigor, situé près de Bayeux. Cette relique, canoniquement reconnue après la Révolution française, se garde religieusement dans l’église paroissiale de Saint-Vigor (diocèse de Bayeux). De tout temps, le tombeau de saint Sulpice a attiré une grande multitude de pèlerins ; les mères pieuses, en particulier, y portent leurs enfants malades pour que le Saint les guérisse,

Propre de Bayeux.

Page 1